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Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis  

Armand Colin
Collection U

Son objet

Desafio das Desigualdades, O Traiter des trajectoires et des problèmes économiques et sociaux des principaux pays latino-américains; la méthode choisie est comparative : ce que les économies latino américaines peuvent apprendre des pays d'Asie, principalement de la Chine et ce que nous, en Europe, nous pourrions apprendre du traitement de leur dette, de l'abandon de la souveraineté monétaire en Argentine, des inégalités de revenus et enfin de la désindustrialisation, dite précoce qui affecte les principaux pays latino-américains.

Pierre Salama

SOMMAIRE
et Présentation (Introduction) du livre Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis, Éd Armand Colin, Collection U, 2012
 


Introduction générale

Chapitre I : Bref retour sur l’histoire économique

Chapitre II : Une globalisation commerciale accompagnée d’une redistribution des cartes

Chapitre III : Globalisation commerciale : désindustrialisation « précoce » en Amérique latine, industrialisation en Asie

Chapitre IV : Globalisation financière

Chapitre V : Inégalités des revenus et croissance

Chapitre VI : Une pauvreté en régression

Chapitre VII : Politique sociale et pauvreté

Chapitre VIII : Inéluctable, la violence ?

Conclusion générale


Introduction générale

Pays semi-industrialisés avant-hier, nouveaux pays industrialisés hier, économies émergentes aujourd’hui, ces changements de qualificatifs traduisent à la fois les transformations que connaissent ces pays et un déplacement du centre de gravité du monde.

Avant-hier, dans les années 1960 à 1970, on les appelait des économies semi-industrialisées. Elles n’étaient pas nombreuses : Argentine, Brésil, Mexique, peut être Colombie et déjà apparaissant à l’horizon ce que l’on a nommé les « dragons » en Asie, la Corée du sud, Taïwan, Singapour et Hong-Kong. Elles étaient industrialisées mais leur industrie, héritière d’un mode de développement économique « tiré de l’intérieur » dès les années 1940, était en quelque sorte tronquée, c'est-à-dire incomplète. Leur poids dans l économie mondiale était alors négligeable. Certes elles exportaient des produits manufacturés au lieu des produits primaires, mais elles étaient relativement fermées, protégées par des barrières douanières, des réglementations voir des contingentements sur certains produits. Protégées de la concurrence extérieure, les entreprises prospéraient à l’abri malgré leurs coûts élevés. Le modèle s’épuisait.

Hier dans les années 1980, on cessa de les nommer économies semi-industrialisées, l’expression étant devenue obsolète. Les dragons asiatiques s’imposaient de plus en plus, leur croissance reposant sur la conquête de marchés extérieurs, les économies latino-américaines, empêtrées dans les problèmes de gestion de leurs dettes externe, sombraient dans l’hyperinflation et dans de sérieuses crises économiques. Décennie heureuse dans quelques pays asiatiques, « décennie perdue » en Amérique latine, réduction de la pauvreté chez les premiers, augmentation des inégalités chez les seconds caractérisent cette période. Leur seul point commun étant l’épuisement des dictatures et les ouvertures démocratiques. Tout semblait nouveau. Aussi les nomma-t-on « nouveaux pays industriels », connus sous l’anagramme de NPI. Certes les dragons ne pouvaient être confondus avec les grandes économies latino-américaines, ouverture, croissance vive d’un côté, fermeture et stagnation de l’autre, les premiers dépassant très rapidement les seconds tant du point de vue de leur revenu par tête que de l’essor de leur productivité, de la composition de leurs exportations comportant plus de produits manufacturés.

Mais on ne pouvait décidemment conserver la qualification d’économies semi-industrialisées pour les unes et dénommer les autres de nouveaux pays industrialisées. La taxinomie eût été trop complexe, aussi, dans le même élan les dénomma-t-on tous nouveaux pays industrialisées, en prenant soin toutefois de ne pas trancher une question épineuse : sont-elles ou ne sont-elles plus des pays sous-développés (ou encore plus diplomatiquement des économies en voie de développement. Les instituions internationales ont préféré alors désigner les économies non industrialisées, du Sud dirait-on aujourd’hui, « d’économies moins développées », les autres étant des NPI…Quant à Patrick Tissier et moi-même (1982), nous avons préféré alors conserver le terme de pays sous- développés et intituler un livre « Industrialisation dans le sous-développement », consacré aux dragons et aux économies latino-américaines. L’expression « sous-développés » n’est pas péjorative, elle indique seulement le fait que ces pays ont connu un développement distinct de celui des pays avancés, la pénétration des rapports marchands et capitalistes s’effectuant dans un espace temps très dense dans les pays « sous-développés ».

Déjà à cette époque les « dragons » asiatiques, rejoints très vite par les « tigres (Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippines, puis, un peu plus tard, Vietnam) commençaient à bouleverser les équilibres du commerce international. Sans encore vraiment peser sur les échanges internationaux, ces pays prenaient de plus en plus d’importance : investissements - délocalisation de plus en plus nombreux des pays avancés (États-Unis, Japon surtout) dans ces économies (dragons et tigres), des dragons vers les tigres, densification relative des échanges dans la zone asiatique. Mis à part le Mexique, à la fin des années 1980, l’Amérique latine était absente de ces évolutions, marginalisée.

Les années 1990 sont celles de l’émergence de la Chine (1,3 milliards d’habitants), puis de l’Inde (1 milliard d’habitants). Cette fois, il ne s’agit plus de petits pays, à population relativement faible, mais quasiment de pays continentaux qui entrent dans l’économie mondiale avec force, marginalisant progressivement et relativement les dragons et les tigres, participant à la densification des relations entre pays asiatiques, attirant de plus en plus d’ investissements étrangers en quête de délocalisations mais aussi attirés par leur vaste marché intérieur. Timidement, les économies latino-américaines amorcent un retour sur les marchés extérieurs.

Aujourd’hui, les années 2000 sont celles de la consécration de la Chine et d’un changement d’appellation. Un taux de croissance soutenu, une balance commerciale devenue excédentaire, des réserves en devises considérables, la Chine devient l’atelier du monde. Avec la Russie, l’Inde, le Brésil et aujourd’hui l’Afrique du Sud, elle constitue un ensemble dénommé BRICS, certes profondément hétérogène, aux intérêts souvent divergents, mais dont le poids aujourd’hui est tel que rien ne peut plus se décider sans leur participation. Le déplacement du centre de gravité du monde a commencé. Rejoints pas d’autres pays asiatiques et latino-américains, ces économies dénommées à présent économies émergentes, ont acquis un poids considérable dans l’économie mondiale. Avec la crise de 2007-2008 dans les pays avancés, elles ont montré leurs capacités à résister à la contagion internationale, résistances élevées en Asie, modérées en Amérique latine au point que de nombreux économistes se sont interrogés de savoir non seulement s’il existait un découplage des conjonctures entre les économies avancées et les économies émergentes, mais aussi et surtout si les économies émergentes pouvaient permettre aux économies avancées de sortir de leur crise. Au prix toutefois de nouvelles spécialisations internationales : aux économies émergentes l’exportation de produits manufacturés (Chine), de services (Inde) avec pour conséquence une désindustrialisation non seulement dans certaines économies avancées mais aussi dans les économies émergentes latino-américaines ; aux économies avancées et à deux dragons, la Corée du sud et Taïwan, la production de produits et de services de haute technologie, aux autres économies émergentes (dont l’Amérique latine), l’exportation de matières premières d’origine agricole et minière produites avec des techniques sophistiquées.

Une nouvelle carte du monde est-elle en train d’apparaître ? Une nouvelle Amérique latine est-elle en train de naître ? Fait-elle partie de ce nouveau monde ou bien son développement est-il conditionné par le déplacement du centre de gravité vers ce nouveau monde, à l’occasion à la fois des mouvements longs en faveur des économies asiatiques et de la crise des finances internationales venant des pays avancés ?

Les premiers signes sont présents, mais encore insuffisants pour apporter une réponse claire. Un bref voyage dans le passé est riche d’enseignements. Les années 1980, la « décennie perdue », alimentent le pessimisme et la désespérance. L’Amérique latine, rattrapée puis dépassée par les dragons asiatiques, se marginalise. Les années 1990 renouent avec une croissance non inflationniste, mais les perspectives d’avenir sont plombées par un taux de croissance moyen médiocre. Au lieu de converger avec les économies émergentes asiatiques, l’Amérique latine continue à diverger, l’écart se creuse avec les « dragons » asiatiques (Corée du sud, Taïwan, Hong-Kong et Singapour). Pessimisme de nouveau. Et puis les années 2000 renouent avec une croissance plus vive, certes en deçà de celles que connaissent les économies émergentes asiatiques auxquelles il convient d’ajouter les « tigres » (Thaïlande, Malaisie, etc.,) l’Inde et surtout la Chine. Cette reprise de la croissance ouvre la voie à un optimisme démesuré au Brésil, un peu plus modéré en Argentine. Optimisme donc. Seul le Mexique, à la traîne, surdéterminé par la montée de la violence et l’incapacité de relancer sa croissance, fait défaut à ce nouveau concert pour différentes raisons : choc de la crise plus important qu’ailleurs, explosion de la violence liée au narcotrafic.

Une nouvelle Amérique latine est en train de naître. Cela concerne non seulement les pays émergents comme le Brésil, l’Argentine, le Mexique, le Chili et la Colombie, mais aussi de « petits » pays qui, forts de leurs ressources naturelles, exigent une redistribution des gains tirés de leur exploitation et surtout entreprennent une démarche difficile, mais oh combien symbolique, d’intégrer les populations indiennes, primo-arrivantes, hier exclues politiquement et socialement. Un État, deux Nations…richesses naturelles mais tentations de séparatisme comme réponses à cette nouvelle citoyenneté imposée par les luttes des exclus ; reconnaissance politique des Indiens mais problèmes sociaux et environnementales dus à l’exploitation des mines à ciel ouvert, excessivement polluante, dont ils subissent de plein fouet les principaux effets, y compris à un niveau symbolique lorsque la terre des « anciens » est meurtrie par ces exploitations.

L’Amérique latine change. Celle d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui et pourtant elle en conserve les traits. Les ruptures sont, comme toujours, des dépassements, l’Histoire n’avance pas de manière linéaire. L’Histoire réserve des surprises, tant il est vrai «que « les Hommes font librement leur Histoire, mais dans des conditions qui ne sont librement déterminés par eux ». La connaissance du passé, fût-ce du passé récent, est essentiel pour comprendre le présent …

Qui en effet aurait pu imaginer, il y a quelques décennies, qu’on puisse désigner les principaux pays latino-américains semi -industrialisés comme des économies émergentes de demain, comme capables de réduire leurs retards avec les pays avancés, de leur faire concurrence sur certains marchés, d’être capables de réduire, fût ce légèrement, leurs inégalités de revenus et leur pauvreté, de consolider enfin leur systèmes démocratique ? Qui aurait pu imaginer que certains pays, parmi les plus importants, allaient renouer avec l’exportation de produits primaires, retrouvant ainsi partiellement leur spécialisation internationale du temps jadis, desserrer leurs contraintes externes, attirer les capitaux, certes au prix d’une appréciation de leur taux de change ? L’enchainement des phases - économies relativement fermées en pleine expansion puis en crise inflationniste, économies plus ouvertes mais stagnationnistes, économies ouvertes et de nouveau en croissance – semble logique aujourd’hui tant il est facile de prédire l’avenir lorsqu’on le connait…mais si on se replace en 1981 (crise des dettes externes), en 1990 ou en 2003, alors tracer les trajectoires possibles est plus compliqué, l’Histoire prenant parfois des bifurcations, avançant par à coups, sous l’influence du jeu complexe de différents groupes d’intérêt nationaux, de leurs poids, de la manière dont ils subissent et répondent aux contraintes externes et internes (notamment aux pressions de l’opinion publique).

Ce livre ne prétend pas retracer les parcours économiques suivis par chacun des pays composant l’Amérique latine, ni traiter de l’histoire économique longue, ni d’être exhaustif sur tous les thèmes. Nous avons faits des choix. Ce livre a pour objet de tirer des leçons de l’Histoire afin de ne pas répéter les erreurs passées. D’étudier l’Amérique latine pour comprendre l’Europe d’aujourd’hui et sa crise des dettes souveraines, leur gestion et les crises économiques qui en découlent, mais aussi comprendre de l’Amérique latine à l’aide des expériences asiatiques.

Nous avons centré l’étude sur les principales économies émergentes : le Brésil, l’Argentine, le Mexique, le Chili et la Colombie et dû en négliger d’autres, quitte à nous référer ici ou là à certaines d’entre elles. Ces pays, locomotives de l’Amérique latine, concentrent l’essentiel à la fois de sa population et de sa production industrielle, agricole et de services. Nous nous sommes limités aux quinze - vingt dernières années, réservant toutefois au premier chapitre un retour bref sur l’histoire économique des quarante dernières années pour rappeler notamment les origines de leur industrialisation et montrer son originalité (une croissance « tirée » d’un marché intérieur en voie de constitution). Les quinze – vingt dernières années, qui seront plus amplement étudiées, sont en effet celles de la croissance retrouvée.

La globalisation commerciale participe au déplacement du centre de gravité du monde avec la montée en puissance des économies émergentes asiatiques et dans une moindre mesure de celles d’Amérique latine (chapitre 2). La croissance peut s’accompagner d’une industrialisation, ce n’est pas le cas en Amérique latine et si « comparaison n’est pas raison », « comparer permet d’apprendre ». En Amérique latine, les quinze – vingt dernières années sont en effet celles où se manifeste dans plusieurs pays une « désindustrialisation précoce » (chapitre 3) et celles où apparaissent de nouvelles vulnérabilités financières (chapitre 4). Ce sont également celles d’une redistribution des revenus un peu moins inégalitaire (chapitre 5), de la baisse de la pauvreté même si elle reste à un niveau élevé (chapitre 6). Les politiques sociales connaissent dans la plupart des pays un certain essor mais une fiscalité « régressive » limite l’efficacité de ces politiques en faveur d’une réduction de la pauvreté plus prononcée (chapitre 7). Et si dans certains pays les causes socio-économiques de la violence conduisent à une réduction des homicides, dans d’autres ils tendent à les augmenter (chapitre 8).


Commentaires et interviews sur le livre : Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis, éd. Armand Colin, collection U, 2012


Présentation du livre de Pierre Salama :
Les économies émergentes Latino-américaines, entre cigales et fourmis
(Editions Armand Colin 2012)

Gustave Massiah
20 décembre 2012


Pierre Salama nous offre un livre remarquable, Les économies émergentes Latino-américaines, entre cigales et fourmis (Editions Armand Colin 2012) A partir de l’Amérique Latine, il analyse le basculement du monde. Il étudie l’Amérique Latine pour comprendre l’Europe d’aujourd’hui et sa crise des dettes souveraines. Il cherche à comprendre l’Amérique Latine à partir des expériences asiatiques ce qui l’amène à analyser le développement comparé des deux continents.

Il nous livre une des meilleures analyses du nouvel ordre économique mondial, de la nouvelle division internationale du travail. Il met en avant quelques grandes tendances : l’exportation de produits manufacturés en Chine ; les exportations de services en Inde ; les produits et les services de haute technologie en Corée du Sud et à Taiwan ; les exportations de matières premières agricoles et minières produites avec des techniques sophistiquées en Amérique Latine.

Pierre Salama part des économies émergentes d’Amérique Latine (Brésil, Argentine Mexique, Chili, Colombie) et aussi des autres pays de la région. A partir de là, il interroge l’évolution de l’économie mondiale et la nature des économies émergentes. Dans les années 2000, plusieurs pays s’imposent avec un taux de croissance soutenu, une balance commerciale excédentaire, des réserves de devises considérables. Ces pays font montre d’une capacité de résistance forte par rapport à la crise de 2008. Il ne s’agit pas seulement des BRICS mais d’une trentaine de pays dans le monde. Il y a de nombreuses ruptures et on peut rappeler une intuition de Ignacy Sachs qui, dans les années 90, quand l’establishment s’extasiait devant la percée économique des pays dragons ou requins (Corée du Sud, Taiwan, Singapour, Hong Kong) prévenait qu’il ne fallait pas sous-estimer les pays baleines capables de s’imposer dans la longue durée, les pays continents.

Une nouvelle Amérique Latine est en train de naître. Il faut rappeler les phases précédentes. Les années 80, la décennie perdue, sont marquées par la crise des dettes externes, qui suit des économies fermées en forte expansion puis en crise inflationniste. Les années 90 sont celle d’une croissance non inflationniste mais faible, celle des économies ouvertes mais stagnantes. Les années 2000 sont celles d’une croissance plus vive.

Dans cette situation, l’Amérique Latine bénéficie de l’évolution des marchés des matières premières. Les différents pays s’engagent pour une redistribution internationale des gains tirés de l’exploitation des ressources naturelles. Ils se situent dans la concurrence internationale en attirant des capitaux au prix d’une appréciation de leur taux de change. Les politiques sociales engagent une réduction de la pauvreté, insuffisante mais réelle, sans vraiment faire face aux inégalités. Une transition démocratique est engagée, notamment avec la reconnaissance politique des peuples indiens. Cette reconnaissance réelle se heurte à des problèmes sociaux et environnementaux liés à l’exploitation des mines à ciel ouvert et à la symbolique de la terre des ancêtres polluées par ces exploitations.

La globalisation commerciale s’est traduite par une redistribution des cartes et un déplacement du centre de gravité du monde avec la montée en puissance des économies asiatiques et latino-américaines. En Asie, cette globalisation entraîne une industrialisation. La Chine combine les activités d’assemblage et la remontée de filières de production. La Chine devient l’atelier du monde. En Amérique Latine, la croissance ne s’accompagne pas d’une industrialisation. Par rapport à l’Asie, Pierre Salama propose de parler, pour l’Amérique Latine, de désindustrialisation précoce et de nouvelles vulnérabilités financières. Du point de vue de l’évolution interne de l’Amérique Latine, il faut noter la redistribution des revenus, la baisse de la pauvreté et l’essor des politiques sociales. Mais la fiscalité reste régressive. La violence recule dans certains pays et tend à augmenter dans d’autres.

La globalisation financière s’est traduite par une rupture dans les années 2000. Les flux de capitaux vers les « pays en développement » se sont multipliés. Les flux d’investissements étrangers entrants dans les émergents se sont très fortement accrus. Mais il en est de même pour les flux d’investissements sortants des émergents. La globalisation financière caractérisée par la financiarisation a transformé le cercle vertueux au cercle vicieux. Les effets sur les taux de change n’ont pas été maîtrisés. La volatilité a accru la vulnérabilité externe. Elle accroît les inégalités de revenus. Elle entre en contradiction avec la continuité de la croissance.

La croissance qui caractérise l’évolution des émergents ne se suffit pas à elle-même. La nature de la croissance, et l’évolution des différents pays, dépend de la politique industrielle, de la politique de change, de la politique sociale.

Pierre Salama développe, à partir de L’Amérique latine une analyse plus générale, statistique, théorique et politique, des inégalités sociales et de la pauvreté en relation avec la croissance. Il montre la continuité entre les emplois informels et les emplois formels plus flexibles. Il différencie les approches de la distribution des revenus fonctionnelle et la distribution des revenus personnelle et analyse le partage des revenus dans les économies émergentes. Il note l’amélioration de la part des salaires dans les revenus et insiste sur l’importance de l’évolution institutionnelle dans le conflit redistributif. L’analyse du recul de la pauvreté l’amène à interroger les causes factorielles de la pauvreté. Il étudie l’importance des transferts monétaires et des transferts sociaux conditionnels. La politique sociale joue un rôle majeur dans la politique contre la pauvreté. L’exemple de l’Amérique Latine montre que la lutte contre l’inflation n’implique pas le recul des dépenses sociales. Pour lutter contre le déficit budgétaire et l’hyperinflation des années 80, la lutte contre l’inflation a été menée par la réduction des dépenses publiques et la diminution de la pression fiscale. A partir des années 2000, les dépenses sociales sont en forte progression et augmentent plus vite que les dépenses publiques.

Pierre Salama aborde une autre question de grande importance, celle de la violence. Là aussi la démarche mêle l’analyse des situations à partir de données quantitatives et statistiques, des interrogations sur les théories disponibles et une approche politique qui donne sons sens à la réflexion. Il part de l’hypothèse que les sociétés particulièrement inégalitaires génèrent la violence. Mais il examine aussi d’autres causes et notamment : la défiance par rapport aux institutions, la corruption très élevée, les échecs dans la lutte contre la violence. Il analyse l’actualité de la violence et de l’extrême violence et le rôle des organisations criminelles. Il s’attache aux causes socio-économiques et fait référence à une étude économétrique qui relie la violence à cinq facteurs : l’urbanisation, la part des 10% les plus riches dans le revenu, l’efficacité du système répressif, la croissance du PIB, la croissance taux de scolarisation dans le secondaire. Il examine alors les grandes lignes des politiques de réduction de la violence : la diminution des inégalités ; l’éducation ; la qualité des institutions, surtout de justice et de police ; la politique de la ville.

Les défis pour l’Amérique Latine sont d’abord internes. La dette externe n’est plus un danger majeur et immédiat, mais il y a de nouvelles vulnérabilités qui nécessitent des espaces économiques communs regroupant plusieurs pays. La désindustrialisation précoce doit être une préoccupation majeure. Du point de vue des politiques économiques, la nécessité d’un Etat stratège s’impose. Il ne faut pas laisser les forces du marché libres de fixer les prix, les taux de change, d’orienter les investissements. L’économie ouverte ne peut pas être une économie offerte aux intérêts extérieurs. Plusieurs réponses sont expérimentées en Amérique Latine comme en Asie. Le rôle des banques publiques de développement, les politiques d’éducation ambitieuses, les efforts prioritaires de recherche et développement. La reprimarisation peut-être une chance ; elle permet de desserrer les contraintes. Elle peut-être aussi une malédiction ; elle renforce la vulnérabilité aux cours internationaux, l’appréciation de la monnaie et la désindustrialisation.

L’Amérique Latine expérimente des voies originales de transition démocratique. Cette transition crée de fortes contradictions. Par exemple, la reconnaissance des droits politiques des peuples indiens entre en contradiction avec la primarisation. De même, la démocratie et les libertés sont gangrenées par la montée de la violence. Plus généralement, la citoyenneté sociale est loin d’avoir progressé au rythme de la citoyenneté politique. Les inégalités sociales importantes et les dépenses sociales encore insuffisantes menacent la cohésion sociale, délitent le lien social, source de violence et réduisent le dynamisme du marché intérieur.

Les émergents participent du basculement du monde. Mais les émergents ne forment pas un ensemble homogène. Et la domination reste une caractérisation pertinente pour comprendre l’état du monde et les rapports entre les pays. Ainsi, entre le Brésil et la Chine, le rapport de force commercial est défavorable au Brésil qui subit ainsi une domination de la Chine. Mais, la domination évolue et les rapports géopolitiques sont modifiés. Le marché intérieur de l’Amérique latine attire les capitaux chinois. La domination des Etats-Unis n’est plus absolue, avec des différences toutefois entre le Brésil et le Mexique. Les rapports entre les grandes régions changent.

L’Amérique Latine apporte aux pays asiatiques, et notamment à la Chine, des réflexions sur les liens et les conséquences de la croissance et de la démocratisation. L’Amérique Latine montre à l’Europe les conséquences de l’informalisation du travail en matière de précarisation de l’emploi, de travail partiel, de dérégulation du marché du travail et de réduction de la protection sociale. Elle montre aussi que des politiques sociales sont possibles, y compris en économie ouverte. Elle ouvre la discussion des possibles sur les traitements des dettes publiques.


LE MONDE


20 décembre 2012

Le Brésil face aux autres économies émergentes d’Amérique latine et d’Asie



Un émergent à la mode, le Brésil, peut en cacher d’autres, comme le Mexique, la Colombie, le Chili ou encore l’Argentine. L’ouvrage de Pierre Salama sur Les économies émergentes latino-américaines : entre cigales et fourmis (qui vient de paraître aux éditions Armand Colin) replace dans son contexte l’engouement suscité actuellement par les Brésiliens.

Desafio das Desigualdades, O

Salama privilégie le comparatisme et la mise en perspective, l’histoire économique au long cours.

Il ne se limite pas à comparer les performances des principales économies d’Amérique latine, il les confronte aux dragons et tigres asiatiques et à l’émergence de la Chine comme une nouvelle puissance, qui bouscule le vieux schéma sur le centre et la périphérie.

En même temps, il ne perd jamais de vue ses lecteurs français, soucieux d’une Europe en crise qui risque d’imiter des expériences latino-américaines révolues depuis deux décennies.

La comparaison entre l’Amérique latine et l’Asie tempère sérieusement l’optimisme des analystes incapables de prendre en compte les ombres et lumières du tableau. La croissance latino-américaine, notamment la brésilienne, reste très modeste par rapport à celles de la Chine et de l’Inde. Il ne faut pas prendre l’acronyme des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) pour argent comptant.

Le poids du Brésil dans l’économie mondiale peine à dépasser les 1 %, tandis que la Chine est parvenue à atteindre les 10 %. La compétitivité de l’industrie brésilienne se dégrade, alors que celle de l’industrie chinoise s’améliore. Si les Chinois concurrencent désormais les Américains aux yeux des Latino-Américains, l’inverse n’est pas vrai : l’Amérique latine reste marginale pour Pékin.

Pédagogue, l’auteur discute aussi les théories économiques sur le développement et passe au crible les concepts, les indicateurs, les expressions utilisées couramment par les organisations multilatérales, les organisations non gouvernementales et les États. Derrière la critique des mots, il y a des nuances et la recherche de précision, de clarté.

L’engagement latino-américaniste de Pierre Salama n’est plus à démontrer. L’intérêt de son nouveau livre est de concilier le didactisme et la lucidité. Le Brésil et d’autres économies d’Amérique latine résistent plus ou moins bien à la crise internationale, mais elles n’ont pas pour autant surmonté leurs faiblesses. Ainsi, la moindre vulnérabilité, selon les critères traditionnels, a été remplacée par d’autres risques de contagion dus à la globalisation financière ou la dépendance à l’égard des cours des matières premières.

La reprimarisation de l’économie et la désindustrialisation relative précoce ne sont pas une fatalité. La mondialisation, l’ouverture économique peuvent être maîtrisés si l’État, déjà très présent par des dépenses publiques (et sociales) en hausse, se dote d’une politique spécifique. Des mesures protectionnistes passagères peuvent diminuer la désindustrialisation, mais le nationalisme qui freine l’intégration régionale n’est pas une solution à moyen ou long terme.

Salama décortique aussi les programmes sociaux et évalue leur contribution à la notable réduction de la pauvreté enregistrée dans la région. Il met en lumière l’importance de la croissance, de la création d’emplois et de la hausse des salaires dans l’amélioration du sort des Latino-Américains au bas de l’échelle. Il pointe du doigt la fiscalité régressive, qui n’aide pas à combler le fossé des inégalités.

Le social étant l’autre face de l’économie, l’auteur aborde un défi autrement plus complexe à comprendre et à relever que la dette des États : la montée des violences, avec l’explosion du nombre d’homicides à des niveaux insupportables en Amérique centrale, au Mexique, au Brésil, au Venezuela, alors qu’ils sont en baisse en Colombie, malgré l’absence de règlement du conflit armé interne. Salama avance prudemment sur ce terrain, conscient que les explications socio-économiques restent insuffisantes, mais qu’il n’est plus possible d’éluder l’insécurité dans une évaluation des chances de l’Amérique latine à s’imposer comme un partenaire dans le nouvel ordre économique international.



Les économies émergentes latino-américaines. Entre cigales et fourmis


Les économies émergentes latino-américaines. Entre cigales et fourmis, par Pierre Salama
Coll. U, Armand Colin 2012, 232 p., 29,40 euros.
Jean-Joseph Boillot
Alternatives Economiques n° 320 - janvier 2013


Marché du travail : liberté, inégalité, flexibilité
— janvier 2013 —

Dans l'acronyme Bric, la lettre B désigne le Brésil et, au-delà, l'Amérique latine, symbole du basculement du monde en faveur des pays émergents. Pierre Salama, l'un des meilleurs spécialistes du sous-continent, est allé y regarder de plus près. Il fait preuve de sa pédagogie légendaire pour rendre accessible plusieurs idées fortes.

Par exemple les changements que connaît l'économie mondiale passe à l'intérieur du groupe des pays émergents : l'Asie (la Chine en premier lieu) domine un continent latino-américain qui se désindustrialise malgré l'apparence d'une reprise de la croissance après la décennie noire des années 1980-1990. Ce n'est pas la mondialisation en soi qui est en cause dans ce mouvement, mais la mauvaise gestion de l'ouverture financière et les ratés des politiques publiques. Celles-ci expliquent notamment la grande différence entre un Brésil en proie à la désindustrialisation et une Argentine qui s'en sort mieux.

Pierre Salama semble assez pessimiste quant à la capacité du sous-continent à mettre en œuvre des régimes de croissance inclusifs, permettant de combattre la violence sociale et les inégalités, deux traits particulièrement accentués en Amérique latine. Au-delà, le livre est truffé de réflexions théoriques qui valent pour l'ensemble des pays en développement, y compris, nous rappelle l'auteur, pour une Chine aux inégalités record et même pour des pays européens en crise. Un livre passionnant.


Paulo Paranagua, Journal Le Monde, Blog

20 décembre 2012

Le Brésil face aux autres économies émergentes d’Amérique latine et d’Asie

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20 décembre 2012

Le Brésil face aux autres économies émergentes d’Amérique latine et d’Asie



Un émergent à la mode, le Brésil, peut en cacher d’autres, comme le Mexique, la Colombie, le Chili ou encore l’Argentine. L’ouvrage de Pierre Salama sur Les économies émergentes latino-américaines : entre cigales et fourmis (qui vient de paraître aux éditions Armand Colin) replace dans son contexte l’engouement suscité actuellement par les Brésiliens.

Salama privilégie le comparatisme et la mise en perspective, l’histoire économique au long cours.

Il ne se limite pas à comparer les performances des principales économies d’Amérique latine, il les confronte aux dragons et tigres asiatiques et à l’émergence de la Chine comme une nouvelle puissance, qui bouscule le vieux schéma sur le Centre et la Périphérie. En même temps, il ne perd jamais de vue ses lecteurs français, soucieux d’une Europe en crise qui risque d’imiter des expériences latino-américaines révolues depuis deux décennies.

La comparaison entre l’Amérique latine et l’Asie tempère sérieusement l’optimisme des analystes incapables de prendre en compte les ombres et lumières du tableau. La croissance latino-américaine, notamment la brésilienne, reste très modeste par rapport à celles de la Chine et de l’Inde. Il ne faut pas prendre l’acronyme des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) pour argent comptant.

Le poids du Brésil dans l’économie mondiale peine à dépasser les 1 %, tandis que la Chine est parvenue à atteindre les 10 %. La compétitivité de l’industrie brésilienne se dégrade, alors que celle de l’industrie chinoise s’améliore. Si les Chinois concurrencent désormais les Américains aux yeux des Latino-américains, l’inverse n’est pas vrai : l’Amérique latine reste marginale pour Pékin.

Pédagogue, l’auteur discute aussi les théories économiques sur le développement et passe au crible les concepts, les indicateurs, les expressions utilisées couramment par les organisations multilatérales, les organisations non gouvernementales et les Etats. Derrière la critique des mots, il y a des nuances et la recherche de précision, de clarté.

L’engagement latino-américaniste de Pierre Salama n’est plus à démontrer. L’intérêt de son nouveau livre est de concilier le didactisme et la lucidité. Le Brésil et d’autres économies d’Amérique latine résistent plus ou moins bien à la crise internationale, mais elles n’ont pas pour autant surmonté leurs faiblesses. Ainsi, la moindre vulnérabilité selon les critères traditionnels, a été remplacée par d’autres risques de contagion dus à la globalisation financière ou la dépendance à l’égard des cours des matières premières.

La reprimarisation de l’économie et la désindustrialisation relative précoce ne sont pas une fatalité. La mondialisation, l’ouverture économique peuvent être maîtrisés si l’Etat, déjà très présent par des dépenses publiques (et sociales) en hausse, se dote d’une politique spécifique. Des mesures protectionnistes passagères peuvent diminuer la désindustrialisation, mais le nationalisme qui freine l’intégration régionale n’est pas une solution à moyen ou long terme.

Salama décortique aussi les programmes sociaux et évalue leur contribution à la notable réduction de la pauvreté enregistrée dans la région. Il met en lumière l’importance de la croissance, de la création d’emplois et de la hausse des salaires dans l’amélioration du sort des Latino-américains au bas de l’échelle. Il pointe du doigt la fiscalité régressive, qui n’aide pas à combler le fossé des inégalités.

Le social étant l’autre face de l’économie, l’auteur aborde un défi autrement plus complexe à comprendre et à régler que la dette des Etats : la montée des violences, avec l’explosion du nombre d’homicides à des niveaux insupportables en Amérique centrale, au Mexique, au Brésil, au Venezuela, alors qu’ils sont en baisse en Colombie, malgré l’absence de règlement du conflit armé interne. Salama avance prudemment sur ce terrain, conscient que les explications socio-économiques restent insuffisantes, mais qu’il n’est plus possible d’éluder l’insécurité dans une évaluation des chances de l’Amérique latine à s’imposer comme un partenaire dans le nouvel ordre économique international.

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Entrevista Pierre Salama/Universidade de Paris XIII (1ª parte)



Extraído de: monitormercantil.informatica Novembro 09, 2012

Presença no Brics "mitifica" o papel do Brasil no mundo atual

Autor de vários livros ligados à economia mundial e ao Terceiro Mundo, Pierre Salama professor de economia internacional na Universidade de Paris XIII, acaba de lançar, na França, Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis (As economias emergentes latino-americanas: entre cigarras e formigas) - La maison d’édition: Armand Colin, collection U. No livro, Salama afirma que o Brasil está sendo mitificado por integrar os Brics, ao lado de Rússia, Índia, China e África do Sul.

Rogério Lessa - "O Brasil se beneficia do efeito da projeção da imagem da China e da Índia. Dá uma ilusão de que é uma economia em plena expansão. Claro que o crescimento é mais elevado do que nas décadas perdidas, mas ainda é modesto em comparação com os asiáticos. E novas vulnerabilidades ameaçadoras surgem", alerta o professor, chamando à atenção para dois efeitos perversos da abertura financeira: valorização cambial e reprimarização da produção.

As mudanças nos conceitos "países semi-industrializados" inicialmente, "novos países industrializados", três décadas atrás, "países emergentes", hoje, indicam uma crise ou as transformações porque passam esses países, com um deslocamento do centro de gravidade do mundo?

Pierre Salama - Traduzem as transformações que sofreram esses países e um deslocamento do centro de gravidade do mundo. Os dragões asiáticos começaram a se impor cada vez mais. Seu crescimento repousou sobre a conquista de mercados externos. Já as economias latino-americanas estavam enredadas na questão da dívida externa.

Esta década foi feliz para alguns asiáticos, com redução da pobreza. No entanto foi perdida na América Latina, que apresentou aumento da desigualdade. Tudo parecia novo e diferente. Dessa maneira, criou-se a expressão "novos países industrializados" (NPI, na sigla em português).

Rogério Lessa - Onde se deu o deslocamento do centro de gravidade?

Pierre Salama - Já nessa época os chamados "dragões asiáticos", aos quais se juntaram os Tigres - Malásia, Indonésia, Tailândia, Filipinas e, um pouco mais tarde, o Vietnã - começavam a mexer no equilíbrio do comércio internacional. Nos anos 90, ocorre a emergência da China, com o seu 1,3 bilhão de habitantes, e Índia , com 1 bilhão.

Dessa vez já não se tratava de pequenos países, mas continentais, que entravam com força na economia mundial. Hoje vivemos os anos da consagração da China, com altas taxas de crescimento sustentado, balança comercial superavitária, reservas consideráveis. A China tornou-se fábrica do mundo e, com Brasil , Rússia, Índia e África do Sul, hoje constitui o Brics, um grupo heterogêneo e de interesses freqüentemente divergentes, mas com um peso tal, que não se pode mais tomar decisões sem a sua participação. Se agregarmos outros países asiáticos e latino-americanos, confirmaremos que essas economias denominadas emergentes adquiriram peso grande.

Rogério Lessa - Esse deslocamento se restringe à Ásia, em detrimento da América Latina?

Pierre Salama - A América Latina de hoje é mais aberta do que no passado, mas seu peso para as exportações mundiais permanece semelhante, à exceção do México, com maquiadoras. A América Latina se reprimariza de forma preocupante desde o inícios dos anos 2000. Quem poderia imaginar que certos países importantes, como o Brasil, iriam retomar o processo de exportação de produtos primários, voltando à sua especialização do passado, aprofundando suas restrições externas, atrair capitais ao preço da apreciação de sua taxa de câmbio?

Então, a América Latina não é mais a de ontem, mas conserva suas características fundamentais. Resultou em economias mais abertas, porém reprimarizadas. No entanto, a história sempre nos reserva surpresas. O jogo dos interesses nacionais é complexo, e tudo depende muito da maneira com que os países enfrentam restrições internas e externas.

Rogério Lessa - Como os emergentes estão enfrentando suas restrições?

Pierre Salama - Países emergentes são profundamente heterogêneos. Apesar dos interesses comuns, reproduzem relações de dominantes e dominados entre eles. O Brasil, por exemplo, está sendo mitificado por integrar os Brics. Se beneficia do efeito da projeção da imagem da China e da Índia. Dá uma ilusão de que o Brasil é uma economia em plena expansão.

Claro que o crescimento é mais elevado do que nas décadas perdidas, mas ainda é modesto em comparação com asiáticos. E novas vulnerabilidades ameaçadoras surgem. Como Argentina e Chile, Brasil sofre dominação da China, que vende bens manufaturados e compra produtos primários. Reproduz assim uma antiga divisão internacional do trabalho.

A China é um cliente muito importante para o Brasil, mas, para eles, o Brasil não representa quase nada no comercio exterior. É uma correlação de forças desfavorável para o Brasil e para seus vizinhos, Argentina e Chile sobretudo.

Rogério Lessa - Quais são as características principais da desindustrialização precoce na América Latina?

Pierre Salama - Quando os países avançados começaram sua desindustrialização, a renda per capta era o dobro daquela com a qual estamos passando por esse processo. A desisdustrialização em alguns países emergentes se refere, não somente à baixa relativa e absoluta dos empregos industriais e à destruição de parte do tecido industrial, levando à produção de não sofisticados. Em países como Peru, Chile, México e Brasil, o crescimento com desindustrialização acontece juntamente com a manutenção de comportamentos rentistas, dirigidos mais às atividades financeiras do que ao setor primário. Na Ásia, a abertura econômica se deu com industrialização das economias. Então são fenômenos diferentes. Requer, para a América Latina, modificar o comportamento rentista dos investidores.

Rogério Lessa - Cómo modificar esse comportamento rentista?

Pierre Salama - Estimulando a inovação sobre produtos de ponta. Requer comando estratégico do Estado. Economia aberta não é aquela que se oferece aos interesses exteriores, como e no livre comércio. Uma abertura controlada permitiria que o país se preparasse para as mudanças necessárias. Com câmbio livre, é muito provável que a desindustrialização seja precoce.

Requer medidas de políticas econômicas novas, para inverter a tendência, favorecendo investimentos estratégicos, combinado com protecionismo temporário e seletivo. Uma política nova exige esforço particularmente importante em matéria de educação, dotar a juventude da capacidade de dominar técnicas cada vez mais complexas, orientando-as para a produção com mais valor agregado. Exige esforço sério em matéria de pesquisa e desenvolvimento, como nos Dragões Asiáticos, sobretudo na China. Com relação a isso, a América Latina tem muito que aprender.

Rogério Lessa - Há diferenças entre os caminhos escolhidos por Brasil, Argentina e México?

Pierre Salama - Comparar Brasil, Argentina e México é uma fonte de ensinamentos. O México é aberto, sua taxa de câmbio se apreciou, mas, ao contrário de Brasil e Argentina, o saldo comercial é deficitário. Entre 10% e 15% são produtos petrolíferos, com preços voláteis. Os 90% restante das exportações mexicanas são de produtos manufaturados, metade destes provêm das maquiadoras, produção praticamente destinada a EUA e Canadá, à exceção da indústria automobilística.

Outra metade das manufaturas mexicanas é dirigida ao mercado interno. Maquiadoras têm valor agregado baixo, influenciam pouco no crescimento. Os salários são baixos. O crescimento das exportações é forte, mas com pouco efeito multiplicador.

Na Argentina, o peso crescente dos produtos primários, contribui contabilmente para o PIB, mas com poucos empregos e efeitos reduzidos na economia, a não ser máquinas agrícolas. Contrariamente à tese liberal de que o livre comércio estimula crescimento, essa relação é complexa porque a identificação entre abertura e liberalização é equivocada. Um país pode se abrir, desde que controle via política industrial adequada, como os asiáticos. E a relação entre abertura e crescimento depende também da natureza dos produtos exportados.

Rogério Lessa

Autor: Vinculado ao monitormercantil.informatica

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Pagina 12
Domingo, 28 de octubre de 2012
“Europa debe aprender...”



Por Natalia Aruguete

En el marco de la crisis profunda que vive la Unión Europea, Cash entrevistó a uno de los economistas heterodoxos más reconocidos de Europa, Pierre Salama, quien fue invitado por el Cemop para participar del VI Encuentro Internacional de Economía Política y Derechos Humanos. Economista francés y profesor de la Universidad de París XIII, Salama enfatizó su crítica al estilo alemán de imponer sus intereses por sobre los de la UE y reclamó mayor federalismo y solidaridad. Además, advirtió sobre la fragilidad de las economías de América latina, pese a mostrarse menos vulnerables frente a la crisis.

CASH - ¿Cómo evalúa el reciente anuncio de ajuste hecho por el gobierno francés?

Pierre Salama - El gobierno no hizo promesas importantes y aplica su programa, que es liberal de izquierda, porque se comunica –habla con los sindicatos, por ejemplo–, pero la ideología es liberal. Su prioridad es disminuir la deuda. Para eso se necesita aumentar impuestos y reducir los gastos. La gran diferencia con los gobiernos de derecha es que los más ricos son los que van a pagar.

CASH - ¿Se trata de un aumento impositivo progresivo, desde su punto de vista?

Pierre Salama - Exactamente. La verdad es que, durante la época de (Nicolas) Sarkozy, la desigualdad en el pago de los impuestos era cada día más fuerte. En cierta manera, ésta es una tentativa de hacer una política diferente en relación con la anterior. Es una medida de izquierda dentro de la filosofía de derecha.

CASH - ¿Y sobre la disminución de los gastos?

Pierre Salama - Me parece una idea estúpida, porque si se disminuye el gasto público aumentan las probabilidades de recesión. Y si hay recesión será imposible lograr el déficit del 3 por ciento que Hollande desea tener. Y estaremos frente a una espiral como la de España o Italia. Europa debe aprender de Argentina y de las políticas de ajuste que se hicieron durante los ’90 en América latina.

CASH - ¿Por ejemplo?

Pierre Salama - A diferencia de Brasil, donde el gobierno gastó más aumentando el salario mínimo, o de China, donde hubo un financiamiento mayor de infraestructura, en Francia se gastó más para salvar a los brokers. Muchos en Francia e Inglaterra creían que, mediante el impulso del gasto público, retomarían el crecimiento y que eso significaría la superación total de la crisis. Pero el dinero que recibieron los bancos no lo usaron en créditos, sino que especularon con bonos y sobre el hecho de que los países tienen un proceso de endeudamiento por causa de los propios salvatajes.

CASH - Desde una mirada estructural, ¿qué observa respecto de la relación entre el sistema financiero y el sistema productivo en el marco de la crisis actual?

Pierre Salama - Hace mucho tiempo que algunos economistas, sobre todo de izquierda, piensan que hay una relación entre sector productivo y sector financiero. La gran mayoría, en cambio, pensaba que había, de un lado, un sector financiero y, del otro, uno productivo. Lo que pasa en el sector productivo es consecuencia de lo que ocurre en el financiero. En países como los Estados Unidos, los salarios no crecen desde hace años, aunque sí hubo un aumento de los créditos, con lo que la gente pobre podía pagar para la compra de un inmueble. Esto parecía virtuoso, hasta el momento en que la gente ya no pudo pagar más. Para nosotros, ese círculo virtuoso iba a virar en círculo vicioso, aunque era imposible saber cuándo.

CASH - En un primer momento se pensaba que la crisis no llegaría a América latina. Luego, que llegaría más tardíamente. Finalmente, que sus efectos no serían tan fuertes. En este contexto, ¿cómo analiza la relación entre centro y periferia?

Pierre Salama - Recuerdo cuando se decía que el país que podría resistir más la crisis era México. México registró una caída del PBI cercana a 6 puntos. Argentina y Brasil estuvieron cerca de cero. Entonces no hubo desacoplamiento. Lo que hubo fue una tentativa de tipo keynesiana de superar la crisis, fundamentalmente sobre los salarios, el crédito y un poco sobre la construcción civil, pero no sobre las tramas productivas. Sobre todo en el caso de Brasil. Ahora, la situación es difícil para todos los países, no solo los de América latina. La apertura de las economías es mucho más grande, más aún a nivel financiero. Y los impactos de la globalización son más fuertes ahora que antes. Hay también otro punto para incluir en este análisis.

CASH - ¿Cuál?

Pierre Salama - Brasil parecía fuerte por tener importantes reservas internacionales, pero la gran mayoría de esas reservas proviene de la entrada de capitales, no de la capacidad de desarrollar un gran excedente. Esa es la diferencia con el caso chino, cuyas reservas provienen del excedente comercial. Cuando hay una crisis, el dinero se va afuera. Eso explica que en las economías de América latina haya menos vulnerabilidad. pero más fragilidad.

CASH - ¿En qué encuentra menor vulnerabilidad y más fragilidad?

Pierre Salama - Menos vulnerabilidad porque tienen un balance de pagos positivo, un déficit presupuestario no tan grande, reservas internacionales, un endeudamiento menor respecto del PBI. Y fragilidad porque estamos frente a un proceso de globalización mucho más grande a nivel comercial y a nivel financiero. Las reservas parecen reservas falsas, vienen de otros lados, no tanto en el caso argentino aunque sí en los de Brasil y México.

CASH - ¿Qué diferencias encuentra con el caso argentino?

Pierre Salama - Aquí es diferente porque no hay entrada de capitales. Hay entrada como inversión directa, pero no para inversión de portafolio. Argentina ha decidido tratar de una cierta manera su deuda hace diez años. Ahora no les puede pedir dinero a los mercados internacionales porque debería pagar una tasa de interés muy alta. Entonces, la fuerza de la Argentina es que no tiene problema de salidas de capitales de este tipo, aunque sí tiene un problema de salidas de capitales que son de argentinos y de las firmas internacionales que, como en Brasil, envían su capital hacia sus casas matrices.

CASH - ¿Cuáles son los efectos, tanto comerciales como financieros, de la globalización en el sector industrial?

Pierre Salama - En el caso de Brasil tiene implicancias muy fuertes, producto de varios factores, como tener una tasa de cambio demasiado alta –que no es el caso de la Argentina– y el hecho de que, en el marco de la globalización comercial, no se puede insistir en competir con China, por ejemplo. Estamos, también aquí (en Argentina), frente a la aparición de economías rentistas. El precio de la soja en el mundo se mantiene. Es raro, pero es bueno para la región. En el caso de Rusia, de los Estados Unidos y de Australia, las otras materias primas tuvieron una caída bastante fuerte. El problema es la debilidad que existe por la dependencia de los precios de las materias primas.

CASH - Usted señaló que la desindustrialización no ha sido un fenómeno exclusivo de América latina, sino también de los países de la Eurozona, a excepción de Alemania. ¿Qué rol juega el fenómeno de la deslocalización en ese proceso?

Pierre Salama - El problema de Europa es completamente diferente. En América latina, salvo en el norte de México, no hay procesos de deslocalización. La deslocalización es desde los Estados Unidos hacia México y hacia China. Aquí el problema es la competencia con China –y mañana quizá también con la India–, que tiene capacidad de imponer precios bastante bajos, a lo que se agrega un problema de “dumping social”.

CASH - ¿Qué tipo de políticas cree que son necesarias frente a esa situación?

Pierre Salama - La única manera de salir de ese problema es favorecer una política de progreso técnico, de construcción de productos de alta tecnología, que tienen una demanda bastante fuerte. Es lo que hizo Alemania y, precisamente, no lo hizo Francia. Francia se especializó en productos de media y baja tecnología, no hizo el esfuerzo de favorecer la producción de alta tecnología, a excepción de algunos productos, como aviones. En Europa, hay procesos de desindustrialización dados por la deslocalización. Las empresas francesas prefieren trabajar en Túnez, Marruecos y China, porque el costo de mano de obra es más barato. Los franceses son bastante rentistas.

CASH - ¿Por qué lo dice?

Pierre Salama - No quieren hacer el esfuerzo de invertir en tecnología, prefieren obtener inmediatamente el dinero. Lo que podemos bajar no es ya el costo de la mano de obra, sino la relación entre mano de obra, salario y productividad. Si se aumenta la productividad a partir del progreso técnico se puede pagar salarios altos. El costo de la mano de obra en Alemania es más o menos el mismo que en Francia.

CASH - En Alemania, el nivel de los salarios está estancado desde hace décadas.

Pierre Salama - Sí, es verdad. Pero es el mismo nivel en ambos casos.

CASH - ¿En qué medida le sirve a Alemania mantener la moneda única? ¿Cuáles son los límites del euro?

Pierre Salama - Hay dos sueños. El primero es la posibilidad de construir otra Europa, menos grande, sin países como Grecia, España o Italia. Una Europa con círculo paralelo, con una periferia. El problema es que muchos de esos países, como Grecia, pertenecen ya a la Zona Euro. Los argentinos conocen bastante bien lo que pasa cuando se abandona una zona. Después de la convertibilidad, Argentina debió decidir con qué moneda iba a pagar a París. Estamos frente a un sueño y un problema. Si Grecia abandona la Zona Euro y adopta una moneda nueva, ¿con cuál va a pagar después de una gran devaluación?

CASH - Si “el primer sueño” es que Grecia quede fuera de la Zona Euro, ¿cómo explica los rescates a ese país?

Pierre Salama - El segundo sueño es interesante porque, para que exista la Zona Euro, se necesita una responsabilidad mayor por parte de los gobiernos, un control más fuerte de los presupuestos. ¿Por qué no? Se llama federalismo. La Zona Euro sólo puede existir en una solidaridad de la política presupuestaria y de la política impositiva. Yo estoy de acuerdo con el federalismo, pero no debe hacerse del modo en que Alemania lo viene haciendo.

CASH - ¿Y de qué manera debe hacerse?

Pierre Salama - No es que uno sea el jefe y el otro deba obedecer, porque inmediatamente la crisis deviene nacionalista y se desconoce la soberanía. Ya se abandonó la soberanía monetaria. En mi opinión, de la crisis del Euro se sale con más federalismo y no de la manera que trata de imponer Alemania. Para los bancos alemanes es muy bueno que haya un rescate –por ejemplo, en España–, porque eso hace que los bonos suban.

CASH - Para que Europa compatibilice su sistema financiero, jurídico, laboral, se requiere de recursos económicos.

Pierre Salama - En la Zona Euro existe la posibilidad de una solidaridad aún más fuerte. Cuando se construyó el dólar en los Estados Unidos, se tomaron dos decisiones. La primera fue que la gente de un estado pudiera ir a otro estado y trabajar sin problemas. La segunda fue que cuando existiera un problema en Texas, por ejemplo, Washington debía ayudar. Esa es la tradición de la solidaridad. Lo que nosotros hicimos fue crear una Zona Euro sin solidaridad. La única manera de salvarnos es gastando en más solidaridad y no ajustando.




CONJUNTURA


Entrevista Pierre Salama/Universidade de Paris XIII (2ª parte)


16/11/2012 - 19:40:14

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"Europa está conhecendo seu Consenso de Washington"

Na continuação de sua entrevista exclusiva ao MONITOR MERCANTIL, o economista Pierre Salama, professor de economia internacional na Universidade de Paris XIII , destaca que, se a maior participação dos produtos industrializados nas exportações do México não são suficientes para gerar saldo comercial para o país, por outro lado o saldo obtido por Argentina e Brasil com as vendas de produtos básicos ao exterior não geram, proporcionalmente, os empregos qualificados que os países emergentes precisam para se tornarem desenvolvidos.

Salama, que acaba de lançar, na França, Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis (As economias emergentes latino-americanas: entre cigarras e formigas, La maison d’édition: Armand Colin, collection U), faz um alerta para os limites sociais de uma "fiscalidade regressiva" (políticas de austeridade) não apenas para as nações emergentes, mas também para uma Europa em crise, que vem optando pelo receituário recomendado pelas instituições financeiras.

Para Salama, a Europa hoje está conhecendo seu "Consenso de Washington". O misto de desregulamentação e liquidez, segundo ele, incentivaram os bancos a procurar a segurança das aplicações em títulos públicos, provocando a explosão das dívidas soberanas. "O risco de defaut acaba por fragilizar os próprios bancos e alimenta as taxas de juros, ao reforçar os riscos. Com isso o socorro virá para os bancos, e não para os pobres", critica Salama.

Rogério Lessa - O senhor chamou a atenção para a contradição da tese liberal, segundo a qual a abertura comercial estimularia o crescimento, e os resultados negativos dos países que não praticaram políticas industriais ativas. Qual a relação entre a liberalização comercial e o desenvolvimento industrial?

Pierre Salama.- A elasticidade demanda em relação ao preço, no caso dos produtos primários, é elevada, mas não tem a mesma relação com a renda, cuja elasticidade é fraca, neste caso. Ou seja, a especialização em produtos primários (commodities) permite que o país aproveite os momentos de valorização, mas este benefício é conjuntural, não se pode beneficiar a médio e longo prazo. Este é o caso da maior parte dos produtos exportados hoje pelo Brasil e pela Argentina. Quando a competitividade no mercado externo está ligada a produtos cada vez mais complexos, então a inserção internacional pode gerar benefícios sustentáveis. Este é o caso dos asiáticos.

Rogério Lessa - E no caso da abertura financeira?

Pierre Salama.- A abertura financeira conduz à apreciação do câmbio, em razão do afluxo de capital, que, devido a esta abertura, passa a ter os juros altos como principal atrativo. Isto reforça o aspecto rentista dos investidores, em detrimento do investimento na produção de valor agregado, reforçando o ciclo da baixa especialização.

Rogério Lessa - Além de juros altos, o rentismo costuma exigir dos governos isenção fiscal e garantias de que a dívida pública estará sob controle. Isto implica adoção de ajustes permanentes. Quais os limites dos programas de transferência de renda neste contexto, que o senhor chama de fiscalidade regressiva?

Pierre Salama.- Considerando o sistema fiscal latino-americano, as transferências monetárias e os impostos constantes dessas transferências têm muito pouca influência sobre a desigualdade na América Latina, ao menos até 2008. São países profundamente desiguais, com altos índices de pobreza. Os países latino-americanos progrediram ligeiramente a partir dos anos 2000, mas o quadro de desigualdade persiste. Há um longo caminho a percorrer para que essas sociedades se tornem inclusivas e que erradiquem a pobreza. As desigualdades sociais importantes e a despesas sociais ainda insuficientes não são uma questão apenas de justiça, mas também um problema econômico.

Rogério Lessa - Por quê?

Pierre Salama.- De justiça, por causa do peso da desigualdade e da resposta insuficiente, atualmente, para reduzi-la. As desigualdades ameaçam a coesão social e podem ser fontes de violência, de delitos e de ruptura do tecido social. São também um problema econômico porque tendem a tornar mais difícil uma dinâmica de crescimento e desenvolvimento do mercado interno. A redução dessas desigualdades e o financiamento mais ambicioso das despesas sociais exige uma reforma fiscal efetiva.

Rogério Lessa - Então, a tendência é de que os países latino-americanos mantenham seu papel subalterno na economia mundial?

Pierre Salama.- Sim, mas a democracia reserva às vezes surpresas.

Rogério Lessa - E quanto à China, que não é propriamente uma democracia?

Pierre Salama.- A China é uma ditadura que, no entanto, treme por não poder assegurar seis pontos de crescimento. Lá, um baixo crescimento é grave ameaça à coesão social Isto abre possibilidade de uma inflexão para menos desigualdade com o intuito de prevenir problemas políticos por causa do baixo crescimento.

Rogério Lessa - Estamos presenciando atualmente a adoção de modelos recessivos também na Europa, a título de "austeridade". Recentemente, o jornal The Economist publicou matéria apontando para o surgimento de um "neoprogressismo" na região, que seria o reconhecimento, por parte até de setores conservadores, de que as políticas até aqui recomendadas pelo Banco Central Europeu (BCE) têm efeito "autodestrutivo". É real a possibilidade desse "neoprogressismo"? Não lhe parece que a opção pela "autodestruição" cumpre a função de acelerar a concentração do poder e da riqueza nas mãos de quem sempre estiveram?

Pierre Salama.- A Europa está muito longe do que a The Economist identifica como "neoprogressismo". Por outro lado, apostar na "austeridade" é um profundo erro. Houve, em 2008 e 2009, um tímido retorno em direção às políticas orçamentárias, mas isto depois mudou profundamente. A Europa hoje conhece o seu Consenso de Washington.

Rogério Lessa - Então o Velho Continente também estaria mergulhado em uma crise semelhante à dos anos 30?

Pierre Salama.- É bem diferente. Agora há uma crise das dívidas soberanas, que traz riscos recessivos diferentes para as economias avançadas. Longe de ser superada, a crise que surgiu com a falência do Lehman Brothers, ressurge e se desenvolve em duas etapas: crise das instituições financeiras, seguida das dívidas soberanas. Cada uma delas tem impacto negativo sobre o crescimento dos países avançados. Desde o período 2008-2009, o endividamento público teve por origem não uma política de reativação da infra-estrutura, como na China, ou pelo aumento do salário mínimo, como no Brasil. A crise nas economias avançadas resultou de uma fortíssima ajuda aos bancos, sem que fossem tomadas medidas de controle quanto ao seu funcionamento.

Rogério Lessa - Qual o resultado desse descontrole?

Pierre Salama.- Graças às injeções de liquidez e à ausência de uma regulação consequente, as instituições financeiras se voltaram para os mercados de títulos, particularmente títulos públicos dos países mais fragilizados. E o risco de defaut acabou por fragilizar os próprios bancos. Tudo isso acabou por alimentar as taxas de juros e reforçar os riscos, numa espiral destrutiva. Pelo que se vê até aqui, podemos constatar que o socorro virá para os bancos, e não para os pobres.

Rogério Lessa




"Pour nos combats de demain, pour un monde plus libre, plus juste, plus égalitaire, plus fraternel et solidaire, nous devons maintenir vivante la mémoire de nos luttes".

GUNTER HOLZMANN

Entretien avec l’économiste Pierre Salama

« Dans les pays avancés, le capitalisme tend à devenir plus sauvage et à ressembler aux économies émergentes latino-américaines »

Par Mémoire des luttes | 22 novembre 2012
Mémoire des luttes
Entretien avec l’économiste Pierre Salama autour de son dernier ouvrage Les Économies émergentes latino-américaines : Entre cigales et fourmis, Armand Colin, Paris, 2012

Mémoire des luttes (Mdl) : Dans votre ouvrage, vous vous intéressez particulièrement aux économies émergentes d’Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie et du Mexique. De quelle manière sont-elles exposées aux activités de la finance internationale et à la crise systémique du capitalisme?

Pierre Salama (PS) : La globalisation commerciale est plus importante qu’il y a une vingtaine d’années, sans pour autant être très élevée. En revanche, la globalisation financière, elle, s’est beaucoup développée dans la même période. Désormais, les capitaux de toutes sortes voyagent relativement librement sur la planète. Ils entrent et sortent facilement de tout pays.

De ce fait, des canaux de transmission existent désormais entre les pays avancés - là où est née la crise internationale - et les pays latino-américains. Et ce, de manière bien plus significative qu’auparavant. La porte s’est ainsi ouverte pour favoriser les effets de contagion. Avant la crise de 2008, les économistes mainstream considéraient que les économies latino-américaines étaient moins vulnérables que par le passé, justifiant leur argumentation par l’existence d’excédents de la balance commerciale (sauf au Mexique), une maîtrise de l’inflation, des déficits budgétaires relativement faibles, une dette extérieure en voie de réduction rapide, et des réserves internationales relativement importantes.

Pourtant, elles ont toutes subi la crise en 2009, le Mexique plus particulièrement (-6% de croissance), malgré une politique de dépenses publiques en expansion, une hausse du salaire minimum et des facilités de crédit dont les effets ont amorti les effets de la crise. La raison est simple : ces économistes n’ont pas considéré l’ensemble des variables avant de porter leur jugement. En ce sens, fort de leur volonté d’applaudir au libre-échangisme, ils n’ont pas pris en compte l’origine de l’augmentation des réserves et le degré d’internationalisation.

D’une part, ces réserves résultent pour l’essentiel d’entrées de capitaux extérieurs. Elles fondent donc lorsque ces derniers sortent. D’autre part, les filiales des entreprises multinationales ont subi les effets de recherche de liquidité de leur société mère et leur ont servi de « vache à lait ».

Les économies latino-américaines sont donc certes moins vulnérables que par le passé, mais elles sont beaucoup plus fragiles que par le passé aux à coups de la crise internationale.

Mdl : Comment caractériseriez-vous le profil des économies latino-américaines dans la mondialisation ?

PS : L’Argentine, le Chili, le Pérou, le Brésil, voire la Colombie renouent avec la primarisation de leurs économies. La forte hausse du cours des matières premières leur a permis d’avoir une balance commerciale positive, allégeant ainsi la contrainte externe et permettant une augmentation des réserves internationales et une réduction de leurs dettes externes.

Enfin, ces pays entretiennent avec la Chine des relations analogues à celles qu’ils ont eu au 19è siècle avec l’Angleterre et les pays dits avancés : aux uns les matières premières, aux autres l’exportation de produits industriels.

La manière dont le Mexique s’insère sur les marchés internationaux est différente des autres pays d’Amérique latine. Le Mexique, ainsi que de nombreux pays d’Amérique centrale, ne connaissent pas la primarisation de leur économie, faute de ressources naturelles, sauf légèrement dans le cas du Mexique où le pétrole exporté correspond à 15% de la valeur de ses exportations.

Ces pays se sont spécialisés dans l’exportation de produits assemblés (dans les fameuses maquiladoras) et dans « celle » de leur main d’œuvre qui, au prix de multiples périls, cherche à émigrer aux Etats-Unis. La première spécialisation a peu d’effet sur l’activité économique d’ensemble car sans politique industrielle, la valeur ajoutée produite est très faible. La seconde rapporte en revanche beaucoup de devises (24 milliards de dollars rien que pour le Mexique).

Au final, à la différence des pays du bloc exportateur de matières premières et minières, la balance commerciale du Mexique et des pays d’Amérique centrale est négative. C’est surtout grâce aux transferts d’argent (remesas) de leurs travailleurs immigrés que leur contrainte externe est surmontée.

Les exportations concentrées sur un pays - les Etats- Unis - et les remesas provenant de ce même pays amènent les économies mexicaine et d’Amérique centrale à être particulièrement vulnérables à la conjoncture de ce dernier : le Mexique est, parmi les grands pays latino-américains, celui qui a le plus souffert de la crise américaine en 2009, non seulement à cause de la contagion financière, mais aussi en raison de la chute de ses exportations et des remesas.

Mdl : L’Amérique latine sert-elle les intérêts de l’Asie ?

PS : A priori, en fournissant à l’Asie des matières premières stratégiques pour le maintien de sa forte croissance, la réponse à cette question pourrait être positive.

La Chine achète des matières premières, le plus souvent brutes, et elle exporte des produits manufacturés. Ces exportations participent à la désindustrialisation des pays latino-américains (à l’exception de l’Argentine jusqu’à 2009). Industrialisation d’un côté, désindustrialisation de l’autre, y compris au Mexique où l’industrie tournée vers le marché intérieur subit les effets de la concurrence à bas prix des produits chinois.

A cette asymétrie dans les relations internationales, s’ajoute une seconde asymétrie. La Chine pèse énormément dans les échanges de la plupart des pays latino-américains (elle est devenue le premier client du Brésil) alors que l’Amérique latine pèse peu dans ceux de la Chine…

Ce rapport de forces en faveur de la Chine laisse peu de possibilité pour mener une politique un tant soit peu protectionniste vis-à-vis d’elle. Et ce, pour des pays qui voudraient protéger, voire développer leur industrie. La Chine a un rapport « sous-impérialiste » avec les pays latino-américains, un peu moins brutal qu’avec les économies africaines, mais réel.

Mdl : Quel regard portez-vous sur les politiques de lutte contre la pauvreté et les inégalités menées par les gouvernements latino-américains ? Y-a-t-il des différences structurelles entre ces politiques ?

PS : La pauvreté absolue a baissé ces dix dernières années. Il reste que tant le niveau de la pauvreté que sa profondeur [1] restent à des niveaux extrêmement élevés.

Comment peut-on expliquer cette réduction ? La première explication qui vient à l’esprit, celle dont on parle le plus, est qu’elle résulterait des politiques de transferts conditionnés mises en place par les gouvernements (bolsa familia au Brésil, opportunidad au Mexique, assignation universelle pour les enfants en Argentine).

Ces politiques accroissent la légitimité des gouvernements et leur donnent une teinture progressiste. Leur fonction politique est donc indéniable. Pourtant, ce ne sont pas ces politiques qui expliquent l’essentiel de la réduction du niveau de la pauvreté. Elles parviennent à diminuer la profondeur de la pauvreté et, comme ces transferts sont conditionnés au suivi scolaire, elles favoriseront la mobilité sociale. Elles coûtent très peu en pourcentage du PIB, autour de 1%, bien moins que le coût de la dette publique interne.

Mais la baisse de la pauvreté s’explique avant tout par une reprise de la croissance à partir de 2003-2004 et surtout par une réduction des inégalités de revenus. Celle-ci est en grande partie la conséquence des décisions consistant à augmenter fortement le salaire minimum et tous les revenus qui lui sont indexés comme les retraites, avec ou sans cotisation. Ces décisions ont un caractère progressiste indéniable.

Mais une réduction de la pauvreté absolue plus conséquente, voire son élimination, passe par une réforme fiscale radicale. Au jour d’aujourd’hui, le système fiscal est profondément régressif. Une fois les impôts payés et les transferts effectués, les inégalités de revenus baissent marginalement contrairement à ce qu’on peut observer dans les pays européens. La capacité d’imposer un système fiscal progressif serait un bon indicateur du caractère réellement progressiste des gouvernements.

Mdl : Dans votre ouvrage, vous affirmez que « dans les pays avancés, la précarisation de l’emploi, l’essor du travail partiel, la dérégulation du marché du travail, la réduction de la protection sociale dans nombre de pays sont la déclinaison, décalée dans le temps, de l’informalité du marché du travail dans les pays dits en voie de développement et dans les économies émergentes ». Et que, « d’une certaine manière, l’informalité préfigure la désaffiliation dans les pays avancés ». Que cela signifie-t-il ?

PS : Analyser les pays de manière comparative est riche d’enseignements, plus particulièrement s’agissant des pays émergents latino-américains et des pays avancés. L’essor des rapports marchands et capitalistes s’est fait dans un espace temps plus dense dans les premiers que dans les seconds.

De cette situation historique résulte que le capitalisme s’est développé de manière plus « sauvage » en Amérique latine. Il n’est pas parvenu pas à établir des rapports de production complets et s’est articulé, de ce fait, avec les anciens rapports de production. Ceci explique l’importance des emplois informels, modèle « parfait » de la précarité et de la flexibilité du travail.

Avec la crise des années 1980 et la libéralisation imposée de manière plus ou moins brutale dans les années 1990, les emplois formels se sont informalisés en grande partie. C’est ce côté « sauvage » du développement capitaliste qui produit ces traits singuliers dans le sous-continent latino-américain.

Dans les pays avancés, avec la montée du libéralisme dans les années 1990-2000 et la crise de 2008, le capitalisme tend à devenir plus « sauvage » et à ressembler aux économies émergentes latino-américaines dans leur gestion de la force de travail. Celles-ci sont en quelque sorte une caricature permettant de voir, parce qu’écrit en continu, ce qui se passe en pointillé dans les pays avancés. En ce sens l’informalité et l’informalisation des emplois formels préfigurent la précarité et la désaffiliation observées dans les pays avancés.

Propos recueillis par Christophe Ventura

Note :
[1] La profondeur de la pauvreté, dite souvent « brèche » ou encore « sévérité » de la pauvreté, calcule l’éloignement moyen de la ligne de pauvreté


São Paulo, segunda-feira, 12 de dezembro de 2011



Entrevista da 2ª Pierre Salama

Contra crise, Brasil deve dinamizar seu mercado

Autor de 16 livros, salama defende que economia brasileira é desindustrializada e muito frágil para enfrentar a crise

ELEONORA DE LUCENA DE SÃO PAULO

O Brasil precisa enfrentar a crise internacional dinamizando o seu mercado interno, distribuindo renda e baixando os juros. A visão é do economista Pierre Salama, 69, professor emérito da Universidade de Paris 13. Doutor pela Sorbonne, ele se considera um "brasileiro de coração". Trabalhou com Celso Furtado em Paris. Na sua avaliação, o país vive um processo de desindustrialização precoce e é necessário adotar medidas protecionistas, temporárias e específicas, em relação à China. Autor de 16 livros, a maioria traduzida para o português, ele analisa a crise europeia e advoga que a sua solução passa pelo abandono parcial da soberania dos Estados. Mas que é preciso garantir a democracia nas decisões.



Folha - Como o sr. caracteriza a atual crise financeira no mundo e na Europa?

Pierre Salama - Ao contrário da crise dos anos 1930, essa não é uma crise sobre investimento nos países avançados, mas uma crise financeira provocada pela desregulamentação selvagem nos mercados. A crise financeira começou por uma crise de dívidas privadas. Os bancos pararam de emprestar uns aos outros e restringiram fortemente os seus empréstimos. As empresas não financeiras enfrentam uma crescente escassez de liquidez. O "credit crunch" transforma a crise financeira em crise econômica. A crise vira sistêmica e afeta até as empresas que tiveram uma gestão prudente, longe da manipulação lucrativa dos derivativos.

Folha - E o papel dos Estados?

Pierre Salama - A intervenção do Estado para salvar o sistema bancário levou ao aumento das dívidas públicas. Não foi apenas a ajuda do Estado ao sistema financeiro que provocou o crescimento do endividamento público. Houve uma contrarrevolução fiscal, iniciada nos anos 1980, visando diminuir a carga fiscal e as receitas. Isso acentuou a regressividade do sistema e produziu uma dupla desigualdade: a) entre os salários e b) entre os salários e os rendimentos de capital. Houve queda das receitas fiscais e há dificuldade de redução das despesas públicas, particularmente das de proteção social. Houve aumento de algumas despesas públicas, como as relativas à ajuda aos desempregados e às empresas em dificuldade. Houve aumento das taxas de juros causado por spreads maiores. Isso provocou a elevação das despesas públicas por causa do serviço da dívida. A esses fatores se soma a ajuda em massa ao sistema bancário.

Folha - O que deveria ser feito?

Pierre Salama - Sem abandono parcial da soberania dos Estados que compõem a eurozona, a moeda única está condenada. A crise da dívida soberana produziu de fato um governo franco-alemão na eurozona. Mas está sendo implementado um federalismo da pior maneira. Em nome da urgência, ele não respeita o jogo democrático. Dirigentes políticos são convocados, e a eles são ditadas as políticas econômicas a serem seguidas. Ultimatos são dados em caso de recusa. Há temor de que o jogo democrático seja exercido na sua plenitude. Os mercados financeiros buscam substituir as vontades das urnas e começam a conseguir isso. Federalismo e democracia podem ser um oxímoro se as decisões continuarem a ser tomadas por um diretório autoproclamado composto pela Alemanha e pela França. A primeira se utiliza da segunda para legitimar o seu poder, a segunda se serve da primeira para evitar uma crise financeira. É necessário um abandono parcial de soberania e as decisões políticas precisam ser tomadas democraticamente.

Folha - Qual o futuro do euro?

Pierre Salama - Uma zona monetária não pode funcionar a longo prazo se não adotar um banco central e um governo que tome as decisões mais importantes. A eurozona não pode funcionar apenas com uma política monetária comum. A única maneira de evitar o fim do euro é consolidar as dívidas dos diferentes Estados e emitir eurobônus, o que exige uma coordenação das políticas fiscais e um abandono parcial de soberania, fazendo com que o Banco Central Europeu seja o avalista de última instância. Sem essa revolução, os Estados mais frágeis continuarão a pagar taxas de juros muito elevadas, tornando impossível o pagamento do serviço das suas dívidas. O acordo que consagra as posições da Alemanha, recusa a emissão de eurobônus e fornece controles e sanções sobre as políticas orçamentárias é insuficiente para viabilizar as condições da zona do euro a longo prazo. Mas esse acordo poderá acalmar os mercados. Até quando ?

Folha - Qual deve ser o impacto dessa crise no Brasil?

Pierre Salama - A crise atual ocorre num contexto específico: o da desindustrialização. Na Ásia, crescem o peso da indústria no PIB, o valor adicionado dos bens produzidos e o seu grau de sofisticação. No Brasil, o peso da indústria decresce de maneira relativa e o valor agregado dos produtos cai. O déficit comercial da indústria de transformação cresce, particularmente para os bens de conteúdo tecnológico médio e elevado. O Brasil triplicou o comércio com a China, mas a troca é assimétrica. A China exporta essencialmente produtos manufaturados para o Brasil e compra matérias primas. O crescimento elevado da China puxa em parte o Brasil

Folha - O Brasil está frágil?

Pierre Salama - Com o grau elevado de abertura e o comércio cada vez mais assimétrico, o início da desindustrialização deixa muito frágil a economia brasileira em relação ao mundo. A ampliação da crise terá repercussões na economia chinesa e pode causar o contágio da brasileira. As reservas em divisas não são suficientes para resistir a fugas e, diferentemente do que na China, elas não são constituídas essencialmente por excedentes da balança comercial, mas por entradas de capital. Assim, uma parte importante se caracteriza pela sua volatilidade.

Folha - Como explicar a parada do PIB?

Pierre Salama - A desaceleração começou desde o fim de 2010 e é mais forte do que a prevista. O Brasil vive uma desindustrialização precoce e um saldo negativo na sua balança comercial de produtos da indústria de transformação. Os gastos para melhorar a infraestrutura estão abaixo do necessário e a taxa de investimento se mantém desesperadamente modesta, 19% do PIB, especialmente se comparada à da China (46%) e outros países asiáticos (em torno de 30%). A vulnerabilidade do Brasil é menor que a do passado. Mas menor vulnerabilidade não significa menor fragilidade. As repercussões de uma crise nas economias avançadas podem ser elevadas. O Brasil pratica uma política de austeridade que pesa sobre sua taxa de crescimento. Tem mantido altas taxas de juros, embora tenham sido atenuadas. Tem tentado corrigir as políticas de valorização da moeda. Mas é insuficiente em razão da abundância de dólares.

Folha - O que o país deveria fazer sobre o mercado interno?

Pierre Salama - Para enfrentar a ameaça da crise internacional, o Brasil deveria redinamizar seu mercado interno, como fez o presidente Lula no seu segundo mandato. Isso exige uma redução das taxas de juros, uma depreciação da moeda, uma redistribuição de renda não somente limitada aos extremamente pobres. E medidas protecionistas, direcionadas e temporárias, especialmente em relação à China. O perigo principal hoje não é tanto uma retomada da inflação, mas a aceleração da queda do PIB.

Folha - Qual deve ser a estratégia para enfrentar a crise?

Pierre Salama - Uma política econômica eficaz deve buscar a retomada do crescimento, uma distribuição de renda menos injusta e uma inserção internacional mais positiva. O crescimento não tem sido muito elevado no médio prazo no Brasil e veio acompanhado por uma desindustrialização precoce. A distribuição de renda é menos desigual graças principalmente ao aumento do salário mínimo, mas as desigualdades continuam num nível extremamente elevado. A inserção internacional do Brasil não é muito positiva. A exceção é o setor aeronáutico. As exportações de produtos industriais do Brasil são sobretudo de produtos de baixa tecnologia para os quais a demanda internacional não é muito dinâmica.

Folha - O que o sr. propõe?

Pierre Salama - Uma política econômica eficaz deve reforçar o dinamismo do mercado interno. Isso pode ser feito criando facilidades de crédito a famílias. E com distribuição de renda e uma reforma tributária. Além disso, é preciso ampliar os gastos com pesquisa e desenvolvimento para dinamizar as exportações de produtos de tecnologia.




Désindustrialisation : les leçons du Sud

par Cédric Leterme - 18 Décembre 2012

L'Europe pourrait tirer des leçons de la désindustrialisation précoce de l'Amérique Latine. Pierre Salama, économiste spécialiste de l'Amérique Latine, vient de publier « Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis » aux éditions Armand Colin. Il interroge les trajectoires économiques et sociales des principaux pays latino-américains dans une optique comparative. Pour lui, l'expérience chinoise est riche d'enseignement pour le sous-continent, notamment en termes de stratégie industrielle.



Dans votre ouvrage, vous évoquez la « désindustrialisation précoce » que connaissent des pays comme le Brésil ou le Mexique, à l'inverse de la Chine ou de la Corée du Sud. De quoi s'agit-il et comment expliquez-vous ce phénomène ?

Passé un certain stade de développement, il est habituel de constater une baisse relative du secteur industriel dans le PIB au profit des services. On ne parle cependant de désindustrialisation que lorsque cette baisse est absolue. En Amérique Latine, ce phénomène a tendance à intervenir plus tôt que dans les pays avancés - avec un revenu par habitant de moitié moindre pour être précis - d'où le recours à la notion de « désindustrialisation précoce ». Ça n'a pas été le cas pour les « Tigres » et « Dragons » asiatiques et on peut légitimement se demander pourquoi. Si on prend le cas de la Chine, l'explication est double : tout d'abord la Chine a bénéficié des délocalisations, mais surtout elle a poursuivi (et continue de poursuivre) une stratégie industrielle très forte. Son objectif est de monter en gamme, d'augmenter la valeur ajoutée de ses produits. Ce qui n'est pas le cas du Mexique par exemple, qui garde essentiellement une industrie d'assemblage par ailleurs faiblement intégrée avec le reste de son économie. On voit donc que deux pays qui pratiquent l'ouverture au commerce mondial obtiennent des résultats très différents. Cela démontre que la mondialisation n'est pas forcément synonyme de désindustrialisation. Ça dépend de l'existence ou non d'une politique industrielle et d'une politique de change agressive, telles que les pratiquent la Chine ou la Corée du Sud par exemple.

Comment expliquer que tous les États n'appliquent pas de telles politiques alors ?

On peut effectivement se demander pourquoi il existe de telles différences d'un pays à l'autre. Mais avant de conclure à l'incompétence de certains gouvernements, il faut se rappeler que ceux-ci sont le reflet d'intérêts organisés. Prenons le cas du Brésil. La primarisation de l'économie va dans le sens des intérêts du puissant secteur agro-exportateur et l'appréciation du real arrange les multinationales étrangères. La désindustrialisation du pays ne les concerne pas vraiment. Toutefois, la situation a atteint un point si critique ces derniers mois que le Gouvernement a décidé d'agir en diminuant les taux d'intérêt et le taux de change, ce qui démontre l'autonomie relative dont jouit l'État face aux lobbies.

Vous faites souvent la différence entre « ouverture » et « libre-échange » dans vos écrits. En quoi consiste-t-elle selon vous ?

Le libre-échange est une situation extrême qui n'existe que dans les manuels d'économie (où on l'oppose d'ailleurs systématiquement à son opposé tout aussi extrême, l'autarcie). Dans la pratique, tous les pays pratiquent plus ou moins d'ouverture et de protectionnisme. La question n'est donc pas de savoir si on les pratique, mais comment on les pratique. La Chine s'ouvre, mais de façon très contrôlée, en pratiquant au besoin un protectionnisme sophistiqué. À l'inverse, l'Argentine des années 90 s'est ouverte pratiquement sans aucun contrôle, ce qui l'a rendue extrêmement vulnérable aux aléas de l'économie mondiale. Avec les résultats que l'on connait. Si l'on accepte ce point de vue, on sort alors de la fausse dualité « marché intérieur/marché extérieur », en reconnaissant que ceux-ci sont plus complémentaires que mutuellement exclusifs. Développer la compétitivité au Brésil passe par exemple par une redistribution des richesses, mais aussi par une augmentation de la productivité du travail.

Vous affirmez que l'Amérique Latine peut être riche d'enseignements pour l'Europe, que voulez-vous dire ?

Tout d'abord, l'Amérique Latine a montré où menait la précarisation du travail que connaissent actuellement les pays avancés, à leur tour en proie aux conséquences d'une mondialisation non-maitrisée. Les emplois informels concernent entre 40 et 60% de la population latino-américaine. Ce que nous connaissons en termes de montée de la précarité et de désaffiliation, l'Amérique Latine l'a connu avant nous. On peut donc voir où ça mène d'un point de vue social, mais aussi macroéconomique. La région est d'ailleurs actuellement dans une phase de réaction à cette réalité, notamment avec le développement de systèmes de protection sociale (lien vers la note du CAS). Il me semble que nous pourrions en tirer des leçons pour l'Europe. Idem en ce qui concerne la dette. L'échec des politiques néolibérales imposées durant les années 90 a démontré qu'il était impossible d'obtenir son remboursement par l'application de politiques récessives. Il ne faut donc pas s'étonner de voir la Grèce se retrouver aujourd'hui dans une situation semblable à celle de l'Argentine en 2001. Cela dit, encore un fois, ces absurdités apparentes s'expliquent facilement si l'on réfléchit aux intérêts qu'elles privilégient.

Un dernier mot sur la stratégie industrielle européenne ?

Il est évident qu'on ne peut plus avoir les mêmes politiques industrielles qu'avant. L'économie est devenue si sophistiquée qu'il est de toute façon impossible pour l'État de prétendre tout planifier et tout contrôler. Mais il garde un rôle essentiel d'impulsion et de direction. La politique industrielle ne doit pas être moins forte qu'avant, elle doit être différente. Il existe toute une panoplie de mesures à appliquer (subventions, aides directes, etc.), mais elles s'opposent pour la plupart aux règles des institutions internationales et de Bruxelles. Il faut donc mener une bataille ferme contre ce que j'appellerais le libéralisme archaïque de Bruxelles. De ce point de vue, nous avons nous aussi beaucoup à apprendre des pays asiatiques et de leurs pratiques.




PAYS EMERGENTS ET DOMINANTS

LES ÉCONOMIES ÉMERGENTES LATINOAMÉRICAINES, ENTRE CIGALES CT FOURMIS

Pierre Salama


23/24 février, 2013

Non, tout n'a pas été dit sur les pays émergents. Certes, nombre d'experts se sont penchés sur la Chine, le Brésil, l'Inde ou encore l'Afrique du Sud pour ausculter ces économies dont la puissance toujours plus grande ne cesse de déplacer le centre de gravité du monde. Le dernier ouvrage de Pierre Salama, Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis, ne manque pas d'atouts pour retenir l'attention du public. Universitaire reconnu depuis des décennies aux quatre coins de l'Amérique latine, spécialiste des questions de développement, Pierre Salama décortique avec méthode toute la complexité qui sous-tend le nouvel ordre économique mondial et la division internationale du travail qui l’accompagne. Comme à son habitude, Salama ne se cantonne pas à une analyse comptable du fait économique. II révèle les économies émergentes d'Amérique latine (Brésil, Argentine, Mexique, Chili) à partir des expériences asiatiques, mais sans jamais négliger les dimensions historiques, sociales ou encore politiques de chaque pays. L'auteur en vient donc à comparer les deux continents, et c'est là l'un de ses atouts essentiels. Ainsi, il montre comment les pays émergents, terme devenu si banal qu'on peut y englober ce que l'on veut, sont loin de former un ensemble homogène. Au-delà de leurs intérêts communs, ces pays reproduisent des relations de dominants-dominés entre eux. Le Brésil, par exemple, mythifié par son appartenance à la catégorie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), donne l'illusion d'une économie en pleine expansion dont la tendance est en réalité, a l'instar des économies avancées, à la désindustrialisation. Un ouvrage d'ores et déjà de référence.

VITTORIO DE FILIPPIS



Desafio das Desigualdades, O

América Latina/Ásia: Uma Comparação Econômica  

Coleção estudos 287
Manaus:Perspectiva; 2011; 296 p.


Sobre o livro

Desafio das Desigualdades, O A questão do desenvolvimento econômico passa pelo problema da desigualdade, mas não de forma linear: é uma estrada tortuosa, precária, perigosa e, em grande medida, desconhecida. Porque, muitas vezes, essa relação é conflituosa e perversa, e o esforço de manter esse processo em nível elevado gera distorções macabras na pirâmide social, aumentando a concentração de renda no topo e agravando a miséria na base. O ajuste das políticas econômicas que possam dosar em tempo e intensidade os padrões de crescimento é delicado, incerto e muito dependente de fatores externos. A economia é um jogo que envolve poder, interesses, ansiedade e erro, pois exige uma gestão política consistente, às vezes audaciosa, com muitos enfrentamentos e resultados que ficam normalmente aquém das melhores expectativas. Sendo parte desse jogo complexo e turbulento, com atores de muito peso, uma receita que dá certo em determinado momento e lugar pode resultar em fracasso em outro. É o que O Desafio das Desigualdades demonstra cabalmente. Aceitando o repto, Pierre Salama o esmiuça com rigor e profundidade no seu estudo inovador que a editora Perspectiva traz ao público de língua portuguesa. Ao comparar os processos econômicos de Ásia e América Latina, a questão mais candente e, decerto, mais vital, salta à luz da análise e ressalta os meios de se atingir um grau pleno de desenvolvimento, ao mesmo tempo econômico e social, capaz de manter e garantir estabilidade e oportunidades de ascensão a todos os cidadãos.

Wilson F. Menezes
Tradução


Workshop on New Developmentalism and a Structuralist Development Macroeconomics

Centro Celso Furtado, S.P., August 15-16, 2011

Theme: Neutralizing tendency of wages to grow below productivity rate

Presentation

Brasil: economía, política internacional e integración regional

[...] Trade globalization, financial globalization, diffusion of technical progress and aggravation of distributive conflicts do not produce the same effects on income distribution during the 1990s and in the 2000s in Latin American semi-industrialized economies. Increasing share of profits in income during the 1990s does not appear to offer particular interpretation problems, but during the 2000s apparent stability on relative shares in revenue, or even the increase in wages share, seems to be a "surprise" in Kaldor’s opinion, or even a "mystery" for Schumpeter, or well finally "a reproach to economic theory" according to Robinson. Various theories trying to explain sharing of value added insist, depending on authors, on investment relative size, saving importance, different types of technical progress (biased or not), amount of idle capacity, cost structure, intermediate products importance, higher markup rates searching by entrepreneurs and, consecutively, on distributive conflict. We will analyze main macroeconomic models - those of Kaldor, Robinson and Kalecki – in order to overtake that "reproach to economic theory". [...]

José Luis Solís
economist, University of Coahuila
Translator

  “mystery”, “surprise”, “reproach to economic theory”: what must we think about income distribution evolution in semi-industrialized latin-american economies?
       Pierre Salama

Participants : Luiz Carlos Bresser-Pereira; Luiz Carlos Prado; Arturo Guillén; Carlos Aguiar de Medeiros; Heiner Flassbeck; Leonardo Burlamaqui ;Jaime Ros Bosch; Nelson Marconi; Thomas Palley; Yoshiaki Nakano; Pierre Salama (absent); Rosa Furtado; Yoshiaki Nakano; Edgar J. Dosman; Francisco Eduardo Pires de Souza; Gary A. Dymski; José Antonio Ocampo; Marco Flávio da Cunha Resende; Ricardo Carneiro; Carmem Feijó; Luiz Gonzaga Belluzzo; Gabriel Palma; José Luís Oreiro; Paulo Gala; Roberto Frenkel; Antonio Correa de Lacerda.


L'Argentine des Kirchner, 10 ans après la crise

Paris: Problèmes d'Amérique Latine, n°82, 2011, 144 p.

Présentation

Brasil: economía, política internacional e integración regional

Dix ans après la violente crise de 2001, c’est un pays profondément transformé qui se rendra aux urnes en octobre 2011 pour l’élection présidentielle. Depuis 2004, certains aspects de l’économie argentine tendent à confirmer un renouvellement de la croissance, tandis que certains aspects témoignent d’un effondrement social (violences, criminalités, corruption, mécontentements, musellement de la presse). Pourtant, la présidente Kirchner, élue en 2007, est aujourd’hui la « favorite » dans les sondages, face à une opposition divisée.
Ce dossier s’interroge sur les recompositions de la scène politique et sur la capacité du kirchnérisme à « amalgamer » de larges pans de la société, mais aussi sur les effets dissonants et contradictoires de la prospérité retrouvée. Qu’en est-il des nouvelles formes de mobilisation des travailleurs et des relations entre syndicats et péronisme ? Comment caractériser la société argentine aujourd’hui ?
Le nouveau président pourra t-il soutenir la relance de l’économie, combattre la corruption omniprésente et fédérer la société autour d’un nouveau projet ?

Marie France Prévôt-Schapira
Géographe, Université Paris-8
Coordonnatrice du dossier

  Croissance et inflation en Argentine sous les mandatures Kirchner
       Pierre Salama

Groupe de travail : Marie-France Prévôt-Schapira, Pierre Salama, Martín Armelino, Ricardo Sidicaro, Maristella Svampa, Gabriel Kessler, Nathalie Besse.


Revista CICLOS
en la historia, la economía y la sociedad

Brasil: economía, política internacional e integración regional

BA: Ciclos, vol. xix, n°37/38, 2010, 268 p.

Resumen articulos

Brasil: economía, política internacional e integración regional

Este artículo analiza las políticas económicas de los dos gobiernos de Lula Da Silva, destacando la altísima e histórica popularidad con la cual el presidente brasilero concluyó sus ocho años de gobierno. Explica cuáles fueron las orientaciones ortodoxas y heterodoxas de sus principales medidas económicas y cómo se diferencian de las desarrolladas por su predecesor, Fernando Henrique Cardoso. Asimismo, distingue los ejes de las políticas en cada una de las dos presidencias de Lula: más continuistas en la primera, más intervencionistas en la segunda.

Pierre Salama
Profesor universitario, Paris 13

María Cecilia Míguez
Traducción

Mario Rapoport
Revisión técnica

  Brasil, el legado económico de Lula: éxitos y límites
       Pierre Salama

  Brasil: economía, política internacional e integración regional
       Revista complete

Autores : Pierre Salama, Valeria Marina Valle, Alicia Carlino, Federico Veiravé, Julián Kan, Eduardo Madrid, Linda Rebmann, Claudio Katz, Carlos Aguiar de Medeiros, Natalia Aruguete y Elsa Gracida, Raanan Rein y Efraim Davidi, Pia Lombardo Estay, María Paula Luciani.


Viver juntos em igual dignidade: Migrantes e luta contra as discriminações na Europa

Fortaleza: BNB, 2010, 146 p.

Apresentação

Viver juntos em igual dignidade: Migrantes e luta contra as 
discriminações na Europa Este livro, escrito para o Conselho da Europa, pelo Prof. Pierre Salama, da Universidade de Paris, apresenta as práticas de discriminação na Europa. O livro foi escrito após muitos debates sobre o tema na Europa e também das propostas do Conselho da Europa de políticas para que as sociedades possam superar as discriminações e favorecer a coesão social. O seu conteúdo contempla diversas formas das discriminação: econômicas, religiosas, na escola, saúde e moradia, a partir do caso dos trabalhadores imigrantes na Europa. O livro apresenta não só discussões sobre o tema no nível nivel teorico, mas também a partir de muitas experiências, na Europa, como também nos Estados Unidos e Canadá. Também há referências às discriminações de gênero e cor no Brasil. Além disso o autor incluiu um posfácio específco sobre a situação dos migrantes brasileiros, inclusive os nordestinos. Ao contribuir para disseminação de conhecimento no Brasil sobre as práticas de discriminação existentes na Europa, o BNB fornece subsídios para que os estudiosos e pesquisadores possam entender melhor a realidade do Brasil, incluindo o Nordeste.

José Sydrião de Alencar Júnior
Banco do Nordeste do Brasil S/A
Diretor de Gestão do Desenvolvimento

  Introdução

  Imigrantes: Quanto são? Quem são, aonde vão?>
       Parte 1

  Certos terrenos da discriminação e as respostas em termos de dialogo intercultural
       Parte 2

  Diversidade cultural, discriminação positiva e coesão social
       Parte 3

  Conclusão geral

  Posfacio

  Referências

  Viver juntos em igual dignidade: Migrantes e luta contra as discriminações na Europa
       Libro branco complete

Boletim Electrônico do Fórum DRS - Edição 72

Brasília-DF:IICA; nov.-dez. 2010; 64 p.

nota ao leitor

boletim electronico do Forum DRS Esta edição trás um ensaio do Professor Pierre Salama intitulado “Lutas contra a Pobreza na América Latina: o caso da pobreza rural no Brasil”, que será utilizado como um dos estudos bási- cos para realização do projeto “A Nova Cara da Pobreza Rural no Brasil: transformações, perfil e desafios para as políticas públicas”. Publica ainda uma matéria especial detalhando todo o processo de implementação e os resultados do II Curso Internacional de Atuali- zação Conceitural e do V Fórum Internacional de Desenvolvimento Territorial.
Boa Leitura.

  Lutas contra a pobreza na América Latina : O caso da pobreza
rural no Brasil

       Pierre Salama

  Edição complete
       Fórum DRS

Revista Nexos Econômicos - Vol. IV, n°6

Henrique Tomé da Costa Mata (Editor)  

Salvador:UFBA; junho de 2010; 184 p.

Apresentação

Les Suds dans la crise [...]Nesta edição de retomada apresentamos 6 (seis) artigos consistentes com a filosofia da RENE, os quais apresentam diversas abordagens pautadas em distintas bases teóricas e assuntos variados. O primeiro artigo, do professor Pierre Salama, intitula-se “Pobreza: luz no fim do túnel?”. O professor Salama analisa a história recente da pobreza na América Latina, com muitas digressões teóricas e conceituais importantes. O segundo artigo “A Política de Desenvolvimento Regional Europeia: um caminho para a coesão econômica e social?” de autoria de Teresa Sequeira e Francisco Diniz, envolve reflexões sobre a dinâmica econômica no contexto da União Européia. O terceiro artigo “Leilões de biodiesel conduzidos pela ANP: uma avaliação preliminar” de, autoria de Jefferson Prado e Wilson Vieira, avalia os leilões de biodiesel conduzidos pela ANP sob a perspectiva da teoria de leilões. O quarto artigo “O comércio internacional como promotor de crescimento econômico - o caso da América do Sul”, de autoria de Rafael Dornelles Feler, faz incursões sobre o padrão de comércio no Mercosul na promoção de crescimento econômico regional. O quinto artigo “Crescimento e desigualdade no Nordeste do Brasil: 2002-2006”, de autoria de André Marques, investiga as diferenças no crescimento econômico e no grau de desigualdade de renda entre os Estados da Região Nor- deste do Brasil no período 2002-2006. Finalmente, o sexto artigo, “Nova Bahiafarma: uma análise das perspectivas para a entrada na produção farmacêutica”, de autoria de Hamilton Ferreira Júnior, Fábio Mota e Leib Braunstein, analisa os arranjos competitivos atuantes na concepção de um laboratório público, fornecedor de contraceptivos para o SUS, no Estado da Bahia.[...]

Editor


Authors : Pierre Salama, Teresa Sequeira e Francisco Diniz, Jefferson Nery do Prado, Wilson da Cruz Vieira, André M. Marques, Rafael Dornelles Feler, Hamilton de Moura Ferreira Júnior, Fábio Batista Mota, Leib Alem Braunstein, Ihering G. Alcoforado

  Pobreza : Luz no fim do túnel?
       Pierre Salama

  Edição complete
       Revista Nexos Econômicos

Migrants et lutte contre les discriminations en Europe

Série Livre Blanc - Vol. 2  

Strasbourg:Edition du Conseil de l'Europe; juillet 2010; 102 p.

Présentation

Migrants et discriminations en Europe L’immigré discriminé, l’immigré décrié, l’immigré rejeté, l’immigré bouc émissaire, ce n’est malheureusement que «chose courante».

Discriminations ethnique, confessionnelle, économique s’entre mêlent sans qu’il soit toujours possible de les distinguer. La discri-
mination subie par l’immigré peut en effet avoir plusieurs origines, et démêler ce qui serait de l’ordre du confessionnel, de l’ordre économique ou encore de l’ordre ethnique peut être difficile. La discrimination est le produit de multiples causes dont certaines sont plus ou moins importantes selon le lieu (travail, habitat, loisirs, etc.) où travaillent et vivent les immigrés, le contexte économique (persistance du chômage, difficultés économiques), le statut («sans-papiers», «avec papiers», ancienneté du séjour dans le pays d’accueil), l’importance des mesures répressives et les discours «nationalistes» de certains partis populistes, etc. Une partie importante de la population immigrée ne se sent pas inscrite dans un processus d’inclusion et ressent parfois violemment les rejets dont elle est l’objet.

PS

«Cet ouvrage examine la question de la migration en Europe sous ses différents et multiples aspects et fait le pari que des réponses adoptées pour un vivre ensemble renouvelé ne pourront émerger qu'en imaginant un nouveau modèle d'intégration interculturelle, fondé sur le principe de l’égale dignité de tous les individus.»

Conseil de l'Europe


  Préface preface  
       Gabriella Battaini-Dragoni

  Introduction introduction  
       Pierre Salama

  Sommaire sommaire  

  Migrants et lutte contre les discriminations en Europe     migrants and fighting discrimination in Europe   
       Texte intégral

Les Suds dans la crise

Hors-série de la Revue Tiers Monde dirigé par Philipe Hugon et Pierre Salama  

Paris:Armand Colin; janvier 2010; 216 p.

Présentation

Les Suds dans la crise La crise domine l'actualité. Elle est systémiques, finançière et économique mais également sociale, environnementale et politique. Elles est la première crise de la globalisation et se différencie, à ce titre, largement de la crise de 1929. Les ouvrages qui lui sont consacrés considèrent les pays occidentaux comme le coeur du système et l'épicentre de la crise. En revanche, ceux consacrés aux Suds sont rares, sinon pour noter que certaines économies émergentes renouent avec la croissance sans qu'une analyse approfondie soit faite des causes de ces reprises et de leurs fragilités. En traitant des Suds dans la crise, cet ouvrage remplit ce vide. Cependant, pour comprendre la crise des Suds, on ne peut faire l'économie de l'analyse des causes de la crise dans les pays développés, de son origine, des mécanismes de sa diffusion et de la contagion qui affecte les économies du Sud à des degrés différents, les économies émergentes asiatiques étant moins affectées que celles d'Amérique latine, elles-mêmes moins atteintes que les pays moins avancés d'Afrique.

Groupe de travail : René Sandretto, Pierre Salama, Hakim Ben Hammouda, Mustapha Sadni Jallab, Jean-Raphaël Chaponnière, Philippe Hugon, Marc Dufumier

  Une crise finançière structurelle
       Pierre Salama
 Partie 1 : La crise mondiale

  Forces et faiblesses de l'Argentine, du Brésil et du Mexique
       Pierre Salama
 Partie 2 : L'impact de la crise sur les pays en développement

  Le sommaire du numéro
        Revue Tiers Monde

Inégalités économiques, inégalités sociales

Cahier réalisé par Olivia Montel-Dumont (dir.)  

Paris:La Documentation française;
juillet-août 2009; 96 p.

Présentation

Los condicionantes de la crisis en América Latina Jusqu’où les différences de position sociale résultant des capacités de chacun sont-elles légitimes ? Pour les démocraties occidentales, fondées sur l’égalité des droits entre les individus, l’interrogation est majeure. D’autant que, mais les économistes divergent et les moyens de mesure sont malaisés, les inégalités de revenu et de patrimoine s’y creuseraient à nouveau depuis la fin des Trente Glorieuses. Cette évolution des disparités intéresse aussi les rapports Nord/Sud. À partir du cas de la France, on peut observer le caractère multiple et cumulatif des inégalités : scolaires, générationnelles, sexuelles, territoriales… Leur réduction a partie liée avec les caractéristiques du système socio-fiscal existant, elle dépend en outre de dispositifs plus en amont concentrés sur la question de l’inégalité des chances.

Groupe de travail : Nicolas Ruiz, Vanessa Denis, Alexis Direr, Philippe Vreyer (de), Louis Maurin, Serge Paugam, Laurent Davezies, Margaret Maruani, François Dubet, Jean Gadrey, François-Xavier Schweyer, Christine Le Clainche, Valérie Reboud, Hélène Périvier, Guillaume Allègre, Pierre Salama

  Editorial : des inégalités cumulatives
       Olivia Montel-Dumont

  Développement, globalisation et inégalités
       Pierre Salama
 Partie 3 : Réduire les inégalités : pourquoi et comment ?

  La collection complète
        La documentation française

Los condicionantes de la crisis en América Latina

Inserción internacional y modalidades de acumulación.
Enrique Arceo y Eduardo Basualdo [compiladores]
 

Buenos Aires:Clasco; agosto de 2009; 384 p.

Presentación

Los condicionantes de la crisis en América Latina Los textos incluidos en el presente volumen constituyen un aporte relevante para la comprensión de las implicancias para América Latina de la actual crisis mundial. Los análisis que se efectúan sobre las características de la expansión de capital en la fase actual, las modalidades de inserción en la economía mundial de los sectores dominantes latinoamericanos, los rasgos del proceso de acumulación de capital en algunos de los países más importantes de la región, sus límites y contradicciones, son los elementos esenciales para evaluar las consecuencias de la crisis en la región y las alternativas que enfrenta ante el agotamiento del patrón de acumulación de capital prevaleciente. La presente crisis no constituye un episodio meramente financiero, consecuencia de una excesiva desregulación de las finanzas y de la existencia de incentivos erróneos. Es el resultado de las múltiples contradicciones del modo de acumulación dominante a nivel mundial durante las últimas décadas, el cual ha condicionado decisivamente las estrategias seguidas por los sectores dominantes en la región.

Grupos de Trabajo : Adolfo Gilly, Rhina Roux, Francisco de Oliveira, Reinaldo Gonçalves, Marcelo Dias Carcanholo, Luiz Filgueiras, Eduardo Costa Pinto, Ary Minilla, Bruno Rodrigues, Pinheiro, Pierre Salama, Felipe Burbano de Lara

  Introducción. La crisis y su proyección en la periferia
       Enrique Arceo

  Argentina, Brasil y México frente a la crisis internacional
       Pierre Salama
 Parte 3 : Los sectores dominantes y los desafíos nacionales

  Colección completos
       Bibliotecas de Clasco

Le défi des inégalités

amérique latine / asie : une comparaison économique.  

Paris:La Découverte; juin 2006; 168 p.

Présentation de l'éditeur

Le défi des inégalités Les inégalités constituent un défi. Un défi pour le développement parce que leur accroissement, ou leur maintien à un niveau élevé, produit des sociétés excluantes et instables. Un défi intellectuel également, car les relations entre inégalités et croissance sont plus complexes qu’on ne le pense souvent : selon les conditions, la croissance peut être favorisée aussi bien par de faibles inégalités que par de fortes inégalités. Comparer sous cet angle les performances économiques de l’Asie et de l’Amérique latine, comme le fait avec rigueur Pierre Salama dans ce livre novateur, se révèle très instructif. Il montre ainsi que la relation entre inégalités et croissance ne peut être comprise sans prendre en compte d’autres variables, étroitement dépendantes les unes des autres : degré d’ouverture des marchés, niveau d’intervention de l’État dans la sphère économique, etc. Lire les principaux échecs économiques latino-américains à partir de ce qui semble être des succès en Asie montre qu’il n’y a pas de « voie royale » pour le développement. Et cela permet d’établir à quelles conditions, en Amérique latine, de nouvelles politiques, plus volontaristes, pourraient relancer la croissance, diminuer la brèche entre citoyenneté politique et citoyenneté sociale et transformer ainsi la croissance en développement durable.

  Le défi des inégalités
       Livre complet

El desafío de las desigualdades

América Latina / Asia : una comparación económica  

Mexico:Siglo XXI; 2008; 176 p.


Presentación de la editorial

El desafío de las desigualdades: América Latina / Asia: una comparación económica Este libro tiene un doble objetivo.
Por un lado mostrar que existen distintos modos de relación entre las desigualdades y el crecimiento, en los que las variables involucradas (niveles y variaciones de la distribución del ingreso, grado de intervención del Estado, grado de apertura externa de la economía y sus modalidades) se combinan de maneras diferentes.
Por otro, establecer las condiciones que puedan posibilitar a las nuevas políticas reactivar el crecimiento en América Latina y disminuir la brecha entre ciudadanía política y ciudadanía social.

Neoliberalismo y sectores dominantes

Tendencias globales y experiencias nacionales
Enrique Arceo y Eduardo Basualdo [compiladores]
 

Buenos Aires:Clasco; agosto de 2006; 364 p.

Presentación

Los condicionantes de la crisis en América Latina Las transformaciones sociales que se registraron en las sociedades latinoamericanas en el último cuarto de siglo han sido concomitantes con cambios igualmente profundos en los sectores dominantes. La ruptura o debilitamiento, según los países, del modelo sustitutivo supuso , junto con la modificación de la composición y destino de la producción y de los excedentes, cambios de hegemonía dentro del bloque de clases dominante y del peso dentro del mismo del capital de origen externo, así como la reestructuración de cada una de las fracciones que lo integran y de sus ligazones con el capital financiero y productivo transnacional.
En este contexto, el análisis sistemático de las características de los sectores dominantes y de los rasgos que ellas imponen a nuestras sociedades constituye un elemento esencial no sólo para indagar las condiciones determinantes de los distintos senderos de acumulación que se despliegan en la región, sus rasgos comunes y sus límites, sino también para responder, desde la óptica de los sectores populares, al desafío teórico y político de construcción de estrategias alternativas, susceptibles de satisfacer sus necesidades

Grupos de Trabajo : Enrique Arceo; Francisco de Oliveira; Eduardo M. Basualdo; Pierre Salama; Adolfo Gilly; Raquel Gutiérrez; Rhina Roux; Luiz Filgueiras; Reinaldo Gonçalves; Armando Boito Jr.; Felipe Burbano de Lara; Miguel Lacabana

  Prólogo
       Neoliberalismo y sectores dominantes

  ¿Por qué América Latina no puede alcanzar un crecimiento elevado y sostenido?
       Pierre Salama
 Parte Uno : Transformaciones en los sectores dominantes, el Estado y los movimientos populares en América Latina

  Colección completos
       Bibliotecas de Clasco

Anais do Fórum BNB de Desenvolvimento:
o Nordeste de Celso Furtado

nos dias 18 e 19 de julho de 2005
Banco do Nordeste do Brasil
 

Fortaleza: BNB, 2005, 226 p.

Apresentação

o Nordeste de Celso Furtado Este documento reúne as exposições e debates realizados durante o Fórum Banco do Nordeste de Desenvolvimento, promovido pelo Banco do Nordeste do Brasil S.A. por ocasião de seu 53º aniversário, juntamente com o X Encontro Regional de Economia, numa parceria com a Anpec - Associação Nacional de Centros de Pós-Graduação em Economia.
Sob o tema geral “O Nordeste de Celso Furtado”, numa homenagem a este grande economista idealizador da Sudene, o Fórum BNB de Desenvolvimento e o X Encontro Regional de Economia reuniram, durante os dias 18 e 19 de julho de 2005, em Fortaleza-CE, destacados representantes do mundo acadêmico nacional e de outros países, para discutir questões da mais alta relevância para o desenvolvimento regional.
Mais de 800 pessoas participaram dos dois eventos, que tiveram como público-alvo estudantes e professores de Economia e de áreas relacionadas ao desenvolvimento econômico e social, pesquisadores, profissionais de governo, da iniciativa privada e de ONGs, autoridades políticas, empresários, clientes e demais parceiros do Banco, em Fortaleza, nas demais capitais nordestinas e na cidade de Montes Claros, no norte de Minas Gerais, interligadas por videoconferência.
É com o objetivo de ampliar o acesso a esse conhecimento que o Banco do Nordeste traz a público esses Anais, certo de que as idéias aqui reunidas podem ser de grande utilidade para todos que se dedicam à construção do desenvolvimento regional, em especial no Nordeste brasileiro.

Banco do Nordeste do Brasil

  Da fantasia à construção: desafios e opções para o Nordeste
       Sessão Especial ETENE

José Sydrião de Alencar Júnior (Presidiente), Pierre Salama, Assuéro Ferreira, Ladislau Dowbor (Expositores)

  Fórum BNB de Desenvolvimento: o Nordeste de Celso Furtado
       Ediçao complete